Commençons par ce que Les Runaways (aujourd’hui dans les salles) n’est pas, comme ça après, on n’en parle plus et on passe aux choses sérieuses. Les Runaways n’est pas un documentaire, ce n’est pas une histoire vraie, ce n’est pas le reflet de la réalité.

Pour une critique écrite par quelqu’un qui a connu cette époque et ce milieu, reportez-vous au blog de Susie Bright. Pour un autre point de vue sur le groupe, jetez-vous sur le documentaire Edgeplay, de Victory Tischler-Blue (alias Vicki Blue, un temps bassiste des Runaways), auquel Joan Jett n’a pas participé…

Ce n’est pas non un film dont on sort exalté-e, parce que la déchéance de gamines de 15-16 ans, ça n’a rien d’excitant.

TRAVAIL SUR LES COULEURS SAISISSANT
Les Runaways
, c’est l’histoire de deux ados à Hollywood, l’une qui en veut, l’autre un peu là par hasard – trop rebelle pour sa famille dysfonctionnelle, pas assez solide pour être star à long terme. C’est le premier long métrage de l’Italo-Canadienne Floria Sigismondi, photographe et réalisatrice de pubs (Eaton, MAC Cosmetics…) et de clips (David Bowie, The White StripesChristina Aguilera, Sigur Ròs, The Cure, Marilyn Manson…), parfaite combinaison pour capter la montée en puissance du premier groupe de rock 100% filles. Le travail sur les couleurs tout au long du film est particulièrement saisissant, qui se glauquicise subtilement au fil de l’histoire, suivant Cherie (Dakota Fanning) dans sa chute.

C’est une performance d’actrices formidable, dont on attendait beaucoup sur Yagg et qui ne déçoit pas (on regrettera juste que le talent d’Alia Shawkat, meilleure amie de Bliss dans le film éponyme de Drew Barrymore, ne soit pas plus exploité). Dakota Fanning est excellente mais c’est Kristen Stewart qui focalise les regards. Les gestes, la démarche, l’attitude sont du pur Joan Jett, et côté sex appeal et lesbian vibe, elle n’a rien à envier à Kate Moennig (Shane dans The L Word).

DESCENTE AUX ENFERS
Les Runaways
s’appuie sur Neon Angel, les mémoires de Cherie Currie, avec Joan Jett comme productrice exécutive, et se concentre donc sur leur vision des choses, sans vraiment se soucier de la façon dont les autres membres du groupe ou les proches des deux femmes ont vécu les événements décrits. Comme pour montrer la fulgurance du succès des Runaways, puis la descente aux enfers, la fin – pas si noire finalement – est un peu expédiée par Floria Sigismondi, laissant le spectateur – la spectatrice, en l’espèce – sur sa faim. Mais pour une fois, c’est une faim gourmande, pas vraiment une frustration, une faim qui trouve sa satiété dans la musique, véritable héroïne du film, qui lui survit, existe encore après le générique de fin.

Puisque ce qui reste, au bout du compte, au-delà des actrices, au-delà de la performance, au-delà du duel réalité vs. fiction, c’est elle: cinq albums, mais surtout un héritage, une porte ouverte, une pierre fondamentale du girl power et du mouvement riot grrrl.

Les Runaways, de Floria Sigismondi, avec Kristen Stewart, Dakota Fanning, Michael Shannon… En salles (en France) le 15 septembre.


Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur LES RUNAWAYS : BANDE-ANNONCE VOST.

Photos Metropolitan Filmexport

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