Ce mercredi 15 septembre, le siège parisien de l’UMP s’est fait zappé. Une dizaine de membres de l’association Act Up-Paris ont manifesté ce matin devant l’immeuble pour « dénoncer la condition de sous-citoyen-es dans laquelle le parti au pouvoir maintient les homosexuel-le-s », et notamment en ce qui concerne les droits du compagnon survivant pacsé lors d’un décès. Le mot d’ordre était « Égalité des droits, égalité des urnes! ». Yagg y était.

« UMP TU NOUS BRISES LES URNES »
Les activistes ont déployé une banderole sur laquelle était écrit « UMP tu nous brises les urnes », répandu des cendres devant le bâtiment, et ont lancé des slogans tels que « UMP homophobe! », « Sarkozy homophobe! », « Pédés, endeuillés, l’UMP s’en fout! » ou « Gouines, endeuillées, l’UMP s’en fout! », avant d’être stoppés par deux gardes puis, plus tard, interpellés dans le métro par les forces de l’ordre et emmenés au commissariat.

« UN GROS COUP DE PRESSION »
« Ils nous avaient comptés et nous sont tombés dessus à 35 dans le métro, raconte à Yagg Cécile Lhuillier, coordinatrice des droits sociaux et des droits des minorités à Act Up-Paris. Ils nous ont fouillés, puis menottés. Une de mes copines a entendu un supérieur disant à un policier qui parlait d’elle: « elle tu ne la ménages pas ». Ils nous ont ensuite ramené devant le siège de l’UMP où il y avait 9 camions de forces de l’ordre. Il faut savoir que ces policiers étaient mobilisés et surtout équipés pour la journée d’action syndicale. Ils nous ont séparés en deux groupes et ont voulu que l’on signe une notification de dégradation de biens publics, ce que nous avons refusé. Après, ils nous ont fait remonter dans leurs bus puis nous ont à nouveau menottés, mais cette fois-ci dans le dos. Pendant une demi-heure, ils nous ont escortés jusqu’au commissariat. Là, ils ont séparé les hommes et les femmes, nous ont interdit l’utilisation de nos portables et nous avons dû porter nos casquettes à la main. Nous sommes repartis au bout de 20 minutes, mais nous avons été filmés de très près pendant la notification et pendant le contrôle de pièce d’identité. Je pense qu’ils ont voulu nous mettre un gros coup de pression parce qu’on s’est attaqué à l’UMP ».

LES CAS DE THOMAS ET DE FRÉDÉRIC
Dans son action, Act Up-Paris fait référence à deux exemples précis, déjà évoqués sur Yagg. Le cas de Thomas (lire Pacs et acte de décès: Un exemple concret) qui n’a pu récupérer l’urne de son compagnon avec lequel il était pacsé et celui de Frédéric (lire Couple de même sexe et funérailles: Le témoignage de Frédéric) qui a perdu son compagnon Christian, avec lequel il n’était pas pacsé mais dont il n’a pu organiser les funérailles ni récupérer l’urne funéraire, après 18 ans de vie commune.

Pour que de telles situations ne se reproduisent plus, Alain Vidalies, député PS des Landes, avait proposé, en présence de Michèle Alliot-Marie, un amendement le 23 juin dernier visant la modification de l’article 79 du code civil afin d’intégrer la mention du pacs sur l’acte de décès. Or, la ministre de la Justice et des Libertés et le rapporteur de la loi, Yves Nicolin, député UMP, avaient rétorqué qu’un tel débat n’avait pas lieu d’être. Auparavant, Thomas avait envoyé une lettre à Michèle Alliot-Marie pour lui parler de sa situation et elle lui avait répondu le 4 juin dernier en précisant qu’aucune mesure pour intégrer la mention du pacs dans l’acte de décès n’était prévue pour le moment.

La semaine dernière, Act Up-Paris a envoyé une lettre ouverte à la ministre de la Justice et des Libertés, en rappelant non seulement le paradoxe entre sa volonté de neutralité et son refus de l’amendement le 23 juin dernier, mais aussi l’importance que cette mention représente pour les couples de même sexe et notamment les couples pacsés: « Vous savez très bien que l’apposition de la mention « Pacsé-e » sur l’acte de décès permettrait au partenaire d’être partie prenante dans les décisions relatives aux obsèques, qu’elle donnerait – enfin – des prérogatives au survivant et lui permettrait éventuellement de ne pas être dépouillé de tout ce qu’il lui reste de son partenaire de vie. »

Au-delà de cette mention, Act Up a profité de cette action pour rappeler qu’elle exige du pouvoir « l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe et l’égalité des droits entre couples homosexuels et hétérosexuels ».

act up ump 12

act up ump 2

act up ump 3

act up ump 4

act up ump 7

act up ump 9

act up ump 10

act up ump 11

act up ump 13

act up ump 14

act up ump 15


Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Zap de l’UMP: égalité des droits, égalité des urnes!

Photos Esther Trousset