« Lorsque j’étais chargée des personnes âgées, il y avait une demande des associations pour créer de maisons de retraite pour homos. Je n’ai pas accepté ces projets parce que je ne voulais pas faire de ghettoïsation. Je suis pour la mixité sociale et pour maintenir les valeurs de la République ».

De son côté, L’Autre Cercle planche depuis deux ans sur la création d’une charte nationale et la mise en place d’un label destiné aux établissements accueillant des retraités avec la vision suivante: plutôt que d' »enfermer » les gays entre eux, il faut créer les critères pour rendre un endroit gay-friendly.

« RETRAITE AUTREMENT »
« Ce n’est pas parce qu’on est homo que l’on doit forcément être dans une maison de retraite pour homos, explique Philippe Coupé, président de L’Autre Cercle IdF et coordinateur de la commission retraite. Nous avons créé une charte de bonne conduite pour les maisons de retraite afin que celles-ci puissent obtenir un label, intitulé « Retraite Autrement », qui montrera l’engagement de cet établissement dans la lutte contre les discriminations. La charte concerne également la formation du personnel qui intervient à domicile ».

Comme le rappelle Philippe Lasnier, 60% des maisons de retraite appartiennent au secteur public, 20% au secteur privé et 20% au secteur associatif. La charte est destinée à tous les types d’établissements, mais ces derniers se montrent particulièrement peu réceptifs. Aucun d’entre eux n’a encore reçu le fameux label, explique Philippe Coupé, qui dépeint une situation, si l’on en croit ses propos, alarmante: « Il faut savoir que les maisons de retraite n’acceptent pas les couples homos, ni de prendre en charge des personnes séropositives – pour des questions de coût. C’est à cause de cela que certains pensent à des projets de maisons de retraite pour homos. Notre préoccupation est que les seniors gays puissent vivre leur retraite dans de bonnes conditions, sans devoir se cacher ».

SEXUALITÉ DES SENIORS
Danièle Hoffman-Rispal nous explique qu’elle a également travaillé sur la question de la sexualité des personnes âgées au sein des maisons de retraite. Constatant que le personnel n’intégrait pas le fait que des seniors puissent avoir encore une vie sexuelle, l’ancienne adjointe au maire s’est intéressée à ce sujet tabou.

« Le seul organisme qui prend en compte la vie sexuelle des personnes âgées est l’Espace d’éthique de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, renchérit Philippe Coupé, mais cela reste sur un plan scientifique ».

« Le personnel de maison de retraite est déboussolé à cette idée de sexualité des seniors, explique Danièle Hoffman-Rispal. Un jour, dans un établissement, le personnel était tombé sur un couple faisant l’amour dans les jardins de la résidence. Ils ne s’en étaient pas remis et avaient même appelé les enfants de ces personnes pour qu’ils les disputent. J’ai donc monté un projet social entre 2002 et 2003 pour connaître les vrais besoins des établissements. Un consultant m’a aidé et a fait un travail auprès du personnel, des résidents mais aussi des familles des résidents des maisons de retraite qu’il a visitées ». L’objectif est d’améliorer les relations entre le personnel et les résidents, d’offrir à ces derniers une meilleure qualité de vie et plus de relations humaines, de traiter des sujets encore lourds socialement comme la sexualité des personnes âgées ou le sida, « afin de changer le regard qu’on leur porte et que la société porte sur eux ».

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