« Marchons ensemble ». C’est le slogan de la gay pride qui devrait se tenir le 10 octobre prochain à Belgrade. Le conditionnel est important: depuis la première et dernière gay pride serbe en 2001, les autorités ont toujours refusé d’autoriser la tenue d’une nouvelle parade LGBT. En 2009, la police se déclarant incapable d’assurer la protection des participant-e-s, une délocalisation avait été proposée aux organisateurs, mais ceux-ci avaient refusé.

Entre temps, le premier festival du film queer de Belgrade, Merlinka, a pu se tenir en décembre, et cet été, le ministre des Droits humains et des Minorités Svetozar Čiplić d’abord, puis le président Boris Tadić ont apporté leur soutien à l’idée d’une gay pride dans la capitale serbe.

Selon UK Gay News, les associations organisatrices la Gay Straight Alliance (Gej Strej Alijansa, GSA) et le centre Queeria ont défini le parcours en tenant compte « des conditions de sécurité et du symbolisme de la Parade de cette année », et ont donc décidé de rester dans le centre de Belgrade, où sont situées un certain nombre d’administrations: le ministère de la Justice, le ministère de l’Éducation, la cour d’appel, le Conseil constitutionnel, etc.

« UN RASSEMBLEMENT PUBLIC PACIFIQUE ET NON-VIOLENT »
« Nous voyons la Pride Parade 2010 comme un événement inclusif, un rassemblement public pacifique et non-violent qui montrera que les personnes lesbiennes, gays, bi et trans’ (LGBT) en Serbie peuvent marcher dans les rues de Begrade librement et sans peur, avec le soutien de leurs proches, de leurs ami-e-s, de leurs collègues et de tous ceux qui défendent l’égalité, la tolérance et le respect des droits humains, a déclaré un porte-parole à UK Gay News. La Parade n’est pas notre objectif ultime mais un moyen par lequel attirer l’attention de la société sur les problèmes auxquels sont confrontés quotidiennement la population LGBT, et d’exiger de l’État qu’il règle la violence et la discrimination de façon systématique. »

« Aujourd’hui les principaux acteurs politiques ne se désolidarisent pas de la communauté LGBT, il n’y a plus de déclarations pour dire « laissez-les faire ça entre quatre murs », cette année le soutien à la population LGBT est indéniablement plus fort et il a été exprimé explicitement par tous les partis politiques à l’exception du DSS (Parti démocratique de Serbie), explique l’expert en sécurité Zoran Dragišić sur le site serbe B92. Il ne devrait pas y avoir ces bêtises de l’an dernier où des hooligans ont menacé d’attaquer la Pride et ont fait fuir l’État. »

« LES POLITIQUES ONT SOUS-ESTIMÉ LE PEUPLE SERBE »
Pour Zoran Dragišić, la stratégie des politiques a changé: « Il me semble que l’an dernier les politiques ont sous-estimé le peuple serbe, l’ont vu aussi homophobe et xénophobe qu’ils le sont eux-mêmes. Cette année ils ont compris que s’ils protégeaient les participants à la gay pride ils marqueraient beaucoup plus de points politiques et c’est ce qui me fait espérer que le rassemblement se tiendra sans problème ».

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