En février dernier, le Collectif Contre l’Homophobie (CCH) et la Lesbian and Gay Pride Montpellier-Languedoc Roussillon (LGP) portaient plainte après le passage de faux militants racistes et homophobes de Georges Frêche dans les rues de Montpellier, dans le cadre, comme cela a été révélé par la suite, de l’émission Action Discrète, diffusée sur Canal +.

UNE RÉPONSE JUDICIAIRE QUI BANALISE L’INFRACTION
Dans un communiqué commun, les associations révèlent que le « Collectif Contre l’Homophobie a récemment reçu un courrier du procureur de la République de Montpellier l’informant que l’infraction d’injure publique était imputable au producteur de l’émission », ce dernier étant convoqué ce matin pour un rappel à la loi.

« La Lesbian & Gay Pride Montpellier LR n’en a quant à elle pas été avisée et s’en étonne, indique le communiqué. Sur le fond, le Collectif Contre l’Homophobie a décidé de ne pas assister à l’audience à laquelle il était convié afin de signifier sa vive réprobation quant aux suites judiciaires décidées par le Parquet de Montpellier. En effet nous considérons qu’un recours trop fréquent au rappel à la loi par le parquet du tribunal de grande instance de Montpellier ne saurait constituer une politique pénale satisfaisante et efficace en matière d’injure et de discrimination; en effet cette réponse judiciaire contribue à banaliser ces infractions. »

TRAITEMENT EXPÉDITIF ET GESTION CAFOUILLEUSE
Car pour le CCH et la LGP, la gestion de cette affaire par la justice est symptomatique de la façon dont sont traitées les affaires d’homophobie par le parquet de Montpellier actuellement: « La Lesbian & Gay Pride Montpellier LR et le Collectif Contre l’Homophobie constatent depuis un an que plusieurs procédures en matière d’infraction homophobe transmises au parquet de Montpellier font l’objet d’un traitement expéditif, lorsqu’elles ne s’enlisent pas dans les méandres du Palais de Justice laissant filer les délais de prescription, et aboutissant in fine à des classements sans suite ou de simples rappels à la loi pour marquer le coup. Cette gestion cafouilleuse est en rupture avec celle qui prévalait auparavant et en contradiction avec la volonté affichée par les autorités judiciaires de Montpellier lors du colloque contre les discriminations organisé au sein du Palais de Justice le 21 mars 2009 ».

Et de conclure: « Face à ce constat que nos associations déplorent très vivement, nous demandons solennellement au procureur général de la cour d’appel de Montpellier de nous recevoir afin de nous indiquer: quelle est la politique pénale en matière de discriminations? et quels moyens compte-il mettre en œuvre pour la faire appliquer par les parquets de son ressort? ».

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Affichez votre poster et faites votre pub sur le mur de Yagg!