Alors que Cuba est devenu l’une des destinations préférées de certains touristes gays, la situation des personnes LGBT sur place est très contrastée. À la tête du Centre pour l’éducation sexuelle (Cenesex), Mariela Castro, fille de Raul et nièce Fidel, parle beaucoup d’égalité et de droits LGBT – sans que les résultats ne soient nécessairement au rendez-vous. Mais les rafles de police et les discriminations sont encore répandues.

C’est dans ce contexte que l’ancien président cubain Fidel Castro a répondu aux questions de la journaliste mexicaine Carmen Lira Saade, pour une interview reprise sur le site officiel cubain Cubadebate.cu.

La directrice du quotidien La Jornada attaque la deuxième partie de l’entretien – très mis en scène dans l’article – par une question qui fâche, et elle le sait: « Bien qu’aucun malaise ne semble apparent, je crois que Fidel ne va pas aimer ce que je vais lui dire », écrit-elle.

« SI QUELQU’UN EST RESPONSABLE, C’EST MOI »
« Commandant, dit-elle, tout le charme de la Révolution cubaine, la reconnaissance, la solidarité d’une bonne partie des intellectuels du monde entier, les grands efforts de la population face à l’embargo, au bout du compte, tout, tout a fini dans le caniveau à cause de la persécution des homosexuels à Cuba ».

Fidel Castro prend le temps de réfléchir et finit par répondre qu’effectivement, il a sa part de responsabilité, même si lui, personnellement, n’est pas homophobe. « Si quelqu’un est responsable, dit-il, c’est moi. Il est vrai qu’à l’époque, je ne pouvais pas m’occuper de ce problème. J’étais plongé essentiellement dans la Crise d’octobre, la guerre, les questions politiques… ». La journaliste insiste, il se justifie par la guerre contre les « Yankees », les attentats planifiés contre lui… Mais précise regretter n’avoir rien fait depuis pour régler le problème.

« MAQUILLAGE PUBLICITAIRE »
« De toute évidence, les déclarations de Fidel Castro cachent en réalité des préjugés énormes contre les homosexuels, s’indigne l’association LGBT espagnole Colegas par la voix de son secrétaire Paco Ramirez. Il considère l’homosexualité comme un problème, un « ramollissement » de la « morale révolutionnaire », plus approprié à la ville qu’à la campagne, il met dans le même sac les homosexuels et les délinquants (…). Cette interview semble faire partie de la campagne de maquillage publicitaire lancée ces dernières années par le Cenesex que dirige sa nièce, Mariela Castro, pour prétendre donner une image plus moderne et sexuellement libérée de Cuba (…). Elle cache la dure réalité qui veut que seuls les « homosexuels révolutionnaires ou ceux de Mariela Castro » soient tolérés, et l’homophobie est toujours latente dans la population, la police réprime violemment les homosexuels sur les lieux de rencontres (parkings, plages, cinémas ou fêtes), voire emprisonne ou harcèle des militants indépendants et des organisations non contrôlées par le Cenesex de Mariela, comme la Fondation LGBT Reinaldo Arenas ».

Le 11 août dernier, Aliomar Janjaque Chivaz, le président de la Fondation LGBT Reinaldo Arenas, a ainsi été arrêté et détenu jusqu’au 16 août. « Apparemment, a-t-il déclaré à sa sortie de prison, la principale préoccupation était d’éviter à tout prix l’organisation du concours Mr Gay 2010″.

Photos Estudios Revolución via Cubadebate.cu

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