Les Journées d’été du rassemblement des écologistes se sont tenues du 19 au 21 août, à Nantes. L’occasion pour la commission LGBT des Verts de débattre de la gestation pour autrui (GPA), une méthode de procréation médicale assistée qui se fait avec l’aide d’une mère porteuse, pratique interdite en France.

Yagg a demandé à Caroline Mécary, élue Europe Écologie au Conseil régional d’Ile-de-France et avocate spécialiste des droits LGBT, et à Pierre Serne, co-responsable de la commission LGBT des Verts et trésorier de l’Ilga-Europe, si le débat avait avancé concernant la GPA et si d’autres sujets LGBT avaient été abordés lors de ces universités d’été.

« La GPA concerne les couples homos et hétéros, mais sa prohibition en France aboutit à des conséquences catastrophiques, déclare Caroline Mécary. Par exemple, il est toujours possible que la mère porteuse garde l’enfant et c’est une situation dramatique. Aux États-Unis, en Inde et en Ukraine, la GPA est possible, mais dans ces deux derniers pays, la législation est insuffisante, alors qu’aux États-Unis, le recours à la GPA se fait dans le cadre d’un droit qui garantit les intérêts de toutes les parties en cause. »

« RÉGLEMENTER LA SITUATION »
« Les avis sont partagés sur la GPA, ajoute l’avocate, mais si la commission se prononçait aujourd’hui, ce serait pour une légalisation de la GPA avec une mise en place d’une réglementation qui garantit les droits de tous et surtout le contrôle de l’intérêt de l’enfant. Plutôt qu’une position de déni de la réalité, il est beaucoup plus pragmatique et intelligent de réglementer la situation. »

« NON-MARCHANDISATION »
Pour Pierre Serne, plusieurs positions ressortent du débat sur la GPA: « Le débat s’est fait en présence de quatre commissions des Verts – LGBT, Santé, Justice et Féministe. C’était un état des lieux, et les avis étaient assez tranchés. Il y avait des arguments très favorables et d’autres très opposés. Une position, plutôt féministe et plutôt contre la GPA, portait sur la non-marchandisation et la non-exploitation du corps des femmes. Une autre position portait plus sur l’égalité des droits en faveur de la GPA, qui pourrait conduire à une synthèse, puisque la GPA existe, mais qu’elle n’est pas encadrée et ne pas la légaliser serait laisser un flou juridique. Cependant, aujourd’hui, il n’y a pas de position unique de la commission LGBT sur la question », affirme-t-il.

« Il y a eu également un autre atelier sur l’homoparentalité et l’homoparenté, déclare Pierre Serne, avec comme invités Dominique Boren, le président de l’APGL, mais aussi des élus, où l’adoption a également été évoquée. »

UNIFICATION
« Il y a eu aussi une réunion de la commission LGBT pour poser les objectifs des mois qui viennent, ajoute Pierre Serne, dont le processus d’unification des non-Verts d’Europe Écologie avec les Verts. Il y aura donc un projet global et de nouveaux rôles importants pour nous sur les questions LGBT. »

« On ne transigera pas sur l’égalité de traitement pour le mariage, l’adoption et la GPA », ajoute Caroline Mécary, concernant ce rapprochement d’Europe Écologie et des Verts.

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