C’est la Une de Libération, ce samedi 21 août. Et un dossier de trois pages. Une étude réalisée par deux chercheurs français et révélée par le quotidien montre que les salariés gays gagnent 6,5% de moins que leurs collègues hétéros (5,5% de moins dans le secteur public). Un écart qu’on ne retrouve pas chez les salariées lesbiennes: selon l’étude, elles sont d’ailleurs même mieux payées (+2%) que leurs collègues hétérosexuelles.

UNE MÉTHODOLOGIE PARTICULIÈRE
Pour mener cette étude, première du genre en France selon Libération, les deux chercheurs, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, économistes au Centre d’étude des politiques économiques de l’université d’Évry-Val-d’Essonne, ont adopté une méthodologie particulière, les études statistiques axées sur l’orientation sexuelle étant interdites en France. Ainsi, « les auteurs de l’étude, qui ont compilé 12 années d’enquêtes emploi réalisées par l’Insee (de 1996 à 2007), n’ont retenu que les couples de même sexe déclarant entretenir « des relations d’amitié » », précise Libération. Ils ont ensuite « appliqué plusieurs filtres à leurs données: exclusion des étudiants, apprentis et retraités », etc.

SALAIRE ET VISIBILITÉ
Dans le détail, l’étude nous apprend que cette discrimination salariale augmente avec l’âge et la qualification. Ainsi, elle ne touche pas les homos ouvriers, alors que chez les plus qualifiés, elle dépasse les 10%. Les moins de 35 ans gagnent 6,7% de moins, un écart qui s’élève à -11,3% chez les plus de 45 ans. Thierry Laurent met en avant la question de la visibilité. « Plus je suis qualifié, plus je suis visible, donc plus je suis discriminé. Même chose pour l’ancienneté », confie-t-il à Libération. Sur la différence de traitement entre gays et lesbiennes, Thierry Laurent avance l’explication suivante: « L’homophobie qu’elles [les salariées lesbiennes] peuvent subir est compensée par leur plus grande disponibilité professionnelle [elles ont moins d’enfants que leurs collègues hétérosexuelles], qui les conduit à toucher sans doute plus de primes ».

PLUS DIPLÔMÉS, PLUS QUALIFIÉS
Cette étude permet aussi de dresser un portrait des actifs homosexuels en France. Selon elle, les homos sont plus diplômés et plus qualifiés que les hétéros. Ils « travaillent en très grande majorité dans le secteur tertiaire » et « sont aussi plus présents dans la fonction publique ». Mais sur certains points, comme le pourcentage d’inactifs et de chômeurs, gays et lesbiennes diffèrent. « Tout se passe comme si les gays prenaient les caractéristiques des femmes hétéros sur le marché du travail, et qu’au contraire les lesbiennes s’accaparaient des éléments propres aux hétéros hommes », avance Thierry Laurent.

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