Les studios Colt, l’un des plus célèbres labels de X gay au monde, ont été officiellement déclarés en faillite. Et la nouvelle fait l’effet du bombe dans l’industrie du porno outre-Atlantique, déjà bien mal en point (et pas seulement côté gay). De toute évidence, Colt n’a pas survécu aux mutations ultra-rapides du marché et notamment au boom des sites de partage gratuits, avec à la clé piratage et téléchargement illégal à gogo. L’exigence de qualité, autrement dit le film porno comme une œuvre à part entière, avec des scènes, une histoire, une mise en scène, des acteurs, un générique, un packaging, etc., tout ceci semble de plus en plus appartenir au passé, au profit d’un X consommé à la va-vite: image floue et branlette express. Pourvu qu’il y ait l’ivresse, même si ce n’est pas à la bonne vitesse.

LA DONNE A CHANGÉ
La « pornoïsation » du web (Chatroulette & co, les énormes peep-shows en ligne comme LiveJasmin) ont considérablement changé la donne pour les studios traditionnels: quelle ligne éditoriale adopter quand la banalisation du sexe rend les consommateurs de plus en plus blasés? Est-ce bankable de développer un style, une écurie d’acteurs, un pool de réalisateurs, et d’y mettre le paquet côté investissements, quand le net permet de surfer sur des centaines de niches et de sous-niches en quelques clics?

FONDÉ EN 1967
Les studios Colt, fondés en 1967 par le photographe Jim French (le bonhomme est toujours vivant, 78 ans au compteur) ont révolutionné l’imagerie érotique gay, c’est indéniable. Ses formidables films vintage, remplis de mecs qui baisent au soleil, en plein air, ont été les marqueurs classés X d’une libération homosexuelle en pleine éclosion – on ne s’est toujours pas remis de la beauté de Rick Wolfmier (photo), notre éternel Ulysse.

Et quand en 2003, John Rutherford (ex-boss de Falcon) et son compagnon Tom Settle ont racheté (2,2 millions de dollars, trop cher estiment certains) la maison à son fondateur, ils pensaient peut-être que la légende Colt allait leur servir de bonne étoile. Fail. Ils n’ont pas su trouver de successeurs crédibles aux magnifiques clones coltiens. Le « New Colt » annoncé a fait flop. C’est un peu comme lorsqu’un styliste prend la suite d’un grand nom de la mode, la mayo ne prend pas toujours, et l’on soupire en regrettant l’original.

Les chiffres sont là: 3,6 millions de dollars de recettes pour Colt en 2006, 1,2 million seulement prévu en 2010. Et les dettes s’accumulent. Colt est donc à vendre… mais qui a envie de s’acheter un musée du sexe à ce prix-là? Même si paraît-il, la vault de Colt recèle toujours des trésors de l’underground gay…

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Affichez votre poster et faites votre pub sur le mur de Yagg!