Bradley Manning

Bradley Manning

Bradley Manning, le soldat américain soupçonné d’avoir transmis au site WikiLeaks la vidéo d’une bavure de l’armée US (diffusée en avril) et des documents secrets sur la guerre en Afghanistan, serait gay, peut-être trans’.

L’info tourne sur le web depuis quelques temps, mais de façon très vague. Les rumeurs se sont d’abord appuyées sur l’historique de ses chats avec un ancien hacker devenu journaliste et expert en sécurité, Adrian Lamo. Puis les médias généralistes ont commencé à se pencher de façon plus approfondie sur cet aspect de la personnalité de Bradley Manning, qui, dans le contexte du débat sur la nécessité ou non d’abroger la politique Don’t Ask, Don’t Tell (qui interdit aux militaires homos de faire leur coming-out), jette un éclairage nouveau sur l’affaire. Ce qui n’a échappé ni aux partisans ni aux opposants de Don’t Ask, Don’t Tell, les premiers estimant que cette histoire montre que les homos ne sont pas aptes à servir leur pays, les seconds estimant au contraire que c’est le mensonge dans lequel les militaires LGBT sont confinés qui pose problème.

LIBRE D’ÊTRE LUI-MÊME
Le New York Times (très largement repris par Libération) raconte l’enfance du jeune homme, né dans l’Oklahoma il y a 22 ans. Après le divorce de ses parents, sa mère, galloise, emmène le garçon chez elle, au Pays de Galles, où ses camarades de classe se moquent de lui parce qu’ils le soupçonnent d’être attiré par les garçons. Sa mère le renvoie aux USA, mais son père le jette à la rue lorsqu’il découvre son homosexualité. En 2007, Bradley s’engage dans l’armée, espérant trouver sa voie, et payer ses études universitaires. Avant son départ en Irak, il tombe amoureux de Tyler Watkins, musicien, chanteur et drag queen. Auprès de lui et de ses amis, Bradley se sent enfin libre d’être lui-même. Mais selon Libération, « à en croire sa page Facebook, Bradley Manning aurait pourtant été déçu là aussi: il était sous le choc d’une rupture au moment de ses contacts avec WikiLeaks ».

« EN GARÇON… »
L’historique des conversations de Bradley Manning et d’Adrian Lamo laisse aussi penser que Bradley se poserait des questions sur son identité de genre. Parmi les phrases relevées par boingboing, qui a publié cet historique: « Ça ne me gênerait pas de passer le reste de ma vie en prison, ou même d’être exécuté, si ce n’était le risque que ma photo soit dans toute la presse mondiale… en garçon… ». Ce qui est effectivement le cas.

Si Bradley Manning est bien celui qui a transmis à WikiLeaks les documents en question, son geste est-il lié à ce sentiment d’être un citoyen de seconde zone? On ne peut que spéculer sur les motivations du soldat Manning (en admettant, bien sûr, qu’il soit réellement à l’origine des fuites) puisque le principal intéressé n’a pas encore pu s’exprimer publiquement sur ce sujet. Et il est fort probable qu’il n’y ait pas une seule et unique raison.

Une chose est sûre: jusqu’ici emprisonné au Koweït, Bradley Manning vient d’être transféré vers la base militaire de Quantico, en Virginie. Selon un communiqué du ministère de la Défense américain, cité par l’AFP, ce transfèrement est dû « à une détention potentiellement longue avant le procès en raison de la complexité des accusations et de l’enquête en cours ». Bradley Manning risque 52 ans de prison.

NB: Pour simplifier la lecture, nous avons fait le choix d’employer le masculin pour parler de Bradley Manning. Pour autant que nous sachions, Bradley Manning s’identifie dans le genre masculin, mais c’est une information quasi-impossible à confirmer pour l’instant. Si dans les prochains jours et les prochaines semaines il devient plus clair que Bradley se sent en réalité femme, nous adapterons notre vocabulaire.

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