sexo en piedraLes peintures et les gravures que l’homme préhistorique a laissées sur des parois rocheuses ou sur des ossements ne nous apportent pas seulement des informations sur la faune, les pratiques de chasse ou les pratiques religieuses de l’époque, mais aussi, ce qui est beaucoup moins connu du grand public, sur les pratiques sexuelles des hommes et des femmes préhistoriques. Des faits qui étaient connus des anthropologues mais qui jusqu’ici étaient passés sous silence.

Par le passé, le moralisme et la pudibonderie n’ont pas seulement touché la recherche et l’enseignement de l’histoire ou des langues anciennes, ils ont aussi entaché la recherche scientifiques. Ainsi l’homosexualité animale était peu évoquée par les biologistes, l’enseignement de l’histoire de la Grèce antique tendait à éviter de mentionner les amours entre hommes pourtant si communes. Tous les domaines de la recherche étaient touchés.

UNE EXPOSITION SUR LES USAGES ÉROTIQUES PRÉHISTORIQUES
Les temps ont changé et une exposition espagnole montrera les indices qui indiquent que le sexe homosexuel était une pratique courante dans la préhistoire. La Fondation Atapuerca et la municipalité de Santillana del Mar préparent en effet une exposition intitulée « Sexo en piedra », qui mettra en scène les usages érotiques des groupements humains préhistoriques: sexe homosexuel, usage de godemichés, sexe oral, tatouages sur le pénis, rites de circoncision, zoophilie, etc. Avec cette exposition, les paléontologues d’Atapuerca ont décidé de rompre avec les tabous sexuels que les études préhistoriques imposent depuis le XIXe siècle, en montrant que les relations sexuelles des hommes préhistoriques n’étaient pas seulement orientées vers la reproduction.

Javier Angulo et Marcos Garcia Diez

Javier Angulo et Marcos Garcia Diez

Javier Angulo et Marcos García Díez ont été chargés de réunir et de documenter les pièces présentées à l’exposition. Marcos Garcia Diez estime que les études réalisées jusqu’ici ont été entachées d’homophobie car aucun chercheur n’a mentionné les pratiques homosexuelles dans la préhistoire, et fort peu se sont intéressés aux pratiques sexuelles de l’homme préhistorique en général. « Cependant les premiers Homo sapiens qui sont arrivés en Europe étaient nos égaux sur le plan anatomique et cérébral, et comme nous ils aimaient le sexe », avance Marcos Garcia Diez. 

C’est aussi l’avis d’Eudald Carbonell, le codirecteur des fouilles de la  Sierra d’Atapuerca: le silence qui entoure l’homosexualité préhistorique le surprend; c’est une pratique dont on a de nombreux indices dans divers sites préhistoriques européens.

DESSINS, PEINTURES ET GRAVURES
L’exposition, qui sera inaugurée en septembre, présentera de nombreux dessins, des peintures et des gravures sur ossements ou sur pierres, qui documentent bien les diverses pratiques sexuelles de l’époque. Ainsi on pourra y voir une scène de coït anal entre hommes (en provenance du site de La Marche en France, photo ci-dessous) ou une plaque représentant deux femmes effleurant leurs seins avec affection, et que la datation fait remonter à plus de 12000 ans (première photo ci-dessus).

sexo en piedra

Les deux commissaires de l’exposition pensent que l’on n’a pas analysé jusqu’ici le sexe homosexuel à cause de la mentalité prédominante. Ils ne doutent pas qu’il était présent dans la vie sociale de l’homme préhistorique, à une époque où l’homme n’avait pas encore établi une relation entre le sexe et le péché.

Une exposition qui va mettre des bâtons dans les roues des défenseurs de la « famille traditionnelle naturelle composée d’enfants qui ont un papa et une maman ». Nos amis français feraient bien de faire envoyer un carton d’invitation à Christine Boutin, Christian Vanneste et consorts. Le mythe du bon sauvage est à revoir: grâce à cette exposition, il pourra s’enrichir d’une composante homosexuelle. Jean-Jacques Rousseau doit être revisité: bienvenue au bon sauvage gay! Les gays du paléolithique sont sortis de leurs cavernes!

Sources: divers sites de la presse et des blogs espagnols. Lire aussi l’excellent article de la journaliste Elodie Cuzin.

Luc Lebelge

En partenariat avec Gay Kosmopol

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