Insultes homophobes, dégradations, menaces et agressions à répétition… Michel et Jean-Luc vivent un enfer depuis 12 ans dans le petit village de La Palme, dans l’Aude. Ce couple a déjà déposé plainte sept fois à la gendarmerie, sans succès. Il y a quelques jours, ils ont décidé de raconter publiquement le calvaire qu’ils vivent depuis leur installation dans ce petit village et qu’ils ne supportent plus.

« Nous sommes victimes, depuis le début, de harcèlement à caractère homophobe, racontait hier le couple dans une interview au quotidien régional Midi Libre. Ça a commencé avec des insultes, puis des dégradations, notamment sur notre véhicule. On a longtemps été insultés, presque quotidiennement, jusqu’au jour où j’ai dit à la mère d’un jeune homme d’environ 25 ans qui venait de nous insulter, que ça pouvait coûter cher en amendes. À la suite de ça, le jeune a débarqué pour nous menacer de mort. Nous avons déposé plainte à la gendarmerie. Ensuite, les insultes se sont un peu calmées dans le village. Puis, vinrent les dégradations (…) on a eu les pneus de la voiture crevés trois ou quatre fois, le pare-brise brisé deux fois, des œufs pourris jetés sur la façade de la maison, de la peinture déversée sur la voiture ».

« Nous avons déposé plainte pour ces faits. Nous avons aussi écrit un courrier au procureur dans lequel nous faisons état également d’un harcèlement moral », précise le couple qui a décidé de quitter ce village « qui, pour rester poli, manque « d’éducation » »: « Nous sommes restés jusqu’à présent pour des raisons financières (…) mais aussi, par principe, pour ne pas céder aux pressions. Mais ce n’est plus possible (…) nous engageons désormais des démarches pour partir ».

Le Collectif contre l’homophobie (CCH) se disait hier, dans un communiqué,  « particulièrement frappé par la légèreté avec laquelle les pouvoirs publics dans l’Aude ont traité les faits dont est victime ce couple (…) cette banalisation apparente des agressions subies a pu laisser croire, à tort, aux agresseurs qu’ils bénéficiaient d’une totale impunité ».

« Nous avons également été surpris de lire dans un quotidien régional de ce vendredi 6 août 2010 que M. le maire de La Palme indiquait que « ces faits pourraient être liés à un différend personnel ». En effet les victimes nous ont certifiés qu’elles n’étaient en conflit avec personne dans le village, aussi il nous semble souhaitable que M. le maire de La Palme porte à la connaissance de la gendarmerie les éléments dont il disposerait et qui le conduisent à évoquer l’hypothèse d’un litige personnel sans caractère homophobe, » continue le communiqué.

L’association ajoute qu’elle a de son côté initié plusieurs démarches: « Nous avons écrit à l’officier commandant le groupement de gendarmerie de l’Aude pour connaître les suites accordées ou pas aux différentes plaintes déposées et aux diverses mains courantes enregistrées par les victimes auprès du bureau de gendarmerie de Port-la-Nouvelle. Nous sommes curieux de savoir si une enquête a été effectuée car les victimes n’ont jamais été informées des résultats d’éventuelles investigations. Nous avons également écrit au procureur de la République de Narbonne pour connaître les suites accordées aux plaintes déposées par les victimes. En effet, contrairement à l’usage, les deux plaignants n’ont jamais été avisés des réponses judiciaires réservées aux infractions pour lesquelles ils ont déposé plainte ».

« Nous mettrons tous nos moyens humains et matériels afin de sortir ce couple de l’isolement dans lequel il se trouve. Nous veillerons à ce que ses droits soient scrupuleusement respectés et pris en compte par celles et ceux qui sont garants de l’ordre public dans le département de l’Aude et dans la commune de La Palme, » conclut le CCH.

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