2 juillet 2010 12:45
« 700 millions de (gays) geis », un nouveau livre nauséabond
Publié par Audrey Banegas | Dans Livres,Société
« En revanche, si nous observons la communauté hétérosexuelle, nous constatons cette équation toute simple: la moitié masculine de la population se met en couple avec la moitié féminine. (…) Il est erroné de croire que pour les geis, les attirances homosexuelles se produisent entre geis eux-mêmes. Il n’y a pas d’attraction amoureuse et sexuelle entre geis du même sexe et, cela va de soi, encore moins entre geis de sexes opposés. Rappelons-le: un homme gei est une âme de femme dans un corps d’homme, et lorsque deux hommes geis se rencontrent, ils se savent mutuellement femmes de l’intérieur et ne peuvent donc pas s’aimer. Un homme gei est lui-même efféminé et il n’aime pas les hommes efféminés, il aime les hommes virils. De même, une femme gei étant elle-même masculine, n’aime pas les femmes masculines comme elle, elle les veut féminines. Le corps d’un gei est un déguisement. Il affiche l’inverse de sa véritable appartenance identitaire ».
« Deux hommes geis sont deux femmes qui se regardent et qui ne s’attirent pas mutuellement. Le même schéma est vrai pour deux femmes geis. Elles se savent mutuellement hommes de l’intérieur et ne se désirent pas. Ainsi, si les geis sont attirés par le même sexe, il reste à définir ce qu’est le même sexe.(…) Il ne suffit pas à un homme gei d’avoir un rapport avec un autre corps d’homme pour être satisfait, encore faut-il que ce dernier porte une âme d’homme. (…) Alors que l’équilibre et l’épanouissement de tout individu reposent fondamentalement sur sa relation de couple, il se trouve que le gei est, sauf exception, voué par nature à passer une existence privé de cette ressource. C’est là tout le drame qu’il vit chaque seconde de sa vie. Vivre sans amour, c’est porter un poids sur les épaules tout au long de son existence. Tout dans la vie devient pénible quand on est seul, même les choses les plus banales comme se lever le matin, travailler, regarder un arbre, se mettre au lit, se réveiller au milieu de la nuit, ou tout simplement penser à quoi sera fait demain. (…) Mais encore une fois, l’exception existe. Quelques rares geis ont la chance d’échapper à ce sort en trouvant un partenaire de genre concordant ».
« Une autre possibilité de vivre en couple pour le gei serait avec le sexe opposé. C’est la plus cruelle de toutes. Cette liaison contre nature, nous l’avons définie précédemment comme un autre faux accouplement qui s’impose au gei par la force des conventions sociales ».
« L’HOSTILITÉ DE LA SOCIÉTÉ »
L’auteur assure tout au long du texte ses louables intentions de lutter contre les discriminations et renouvelle très régulièrement ses incitations au respect de la personne homosexuelle. Il condamne, par exemple, à de nombreuses reprises « les sociétés répressives vis-à -vis des geis » et dit rejeter « le conformisme social ». Il écrit notamment « avec une telle condition sur les épaules, inhérente à sa nature, le gei n’est malheureusement pas au bout de ses peines. Il doit de surcroît faire face à l’hostilité de la société ». Il ajoute un peu plus loin: « L’exclusion et la haine dont fait preuve la société à l’égard des geis peuvent changer ou tout du moins évoluer. Il en fut ainsi pour l’esclavage, le racisme, et bien d’autres aberrations humaines. Ainsi, un jour viendra où la société, consciente de ses erreurs, innocentera la communauté gei ».
Il termine malheureusement ce paragraphe par: « Quand ce progrès se réalisera nous aurons fait une partie du chemin, mais pas la totalité, loin s’en faut, car le problème de fond restera l’inversion identitaire elle-même. (…) Il semble légitime de considérer l’inversion identitaire comme un dysfonctionnement. Le corps humain possède différentes fonctions, et à chacune d’entre elles correspond, hélas, un dysfonctionnement. Ainsi le dysfonctionnement de la vue est la cécité, celui de l’activité musculaire, la dyskinésie ou encore celui de l’ouïe, la surdité. De la même manière, notre organisme possède une fonction qui consiste à acheminer le sexe psychologique de chaque enfant vers son sexe génital d’appartenance. S’il s’agit d’un bébé garçon, cette fonction lui attribuera un sexe psychologique masculin et si c’est une fille, cette fonction lui donnera un sexe psychologique féminin (…). Quand cette fonction est perturbée, elle engendre l’inversion identitaire. C’est parce que cette fonction essentielle dans notre organisme n’a jamais été identifiée comme telle (c.à .d. comme une fonction) que son dysfonctionnement, soit l’inversion identitaire, n’a jamais été reconnu comme tel (c.à .d. comme un dysfonctionnement) ».
Mais le pire se trouve certainement dans les conclusions de ce livre: « Le Genre Endogène Inversé n’est ni une faute, ni une variante de la nature, c’est un dysfonctionnement. Le Genre Endogène Inversé est sans nul doute, par son ampleur, la plus grande tragédie humaine de l’histoire car elle touche une personne sur dix. (…) Il est pourtant permis d’espérer que la dignité humaine qui a toujours triomphé par le passé, se lèvera un jour pour mettre à terre ce triste vestige de l’erreur humaine ».
« UN LIVRE QUI EST À LA FRANGE », SELON L’HARMATTAN
Après cette douloureuse lecture, Yagg a souhaité interroger la maison d’édition. Denis Pryen, directeur des éditions L’Harmattan, nous l’affirme: « La vente du livre a été suspendue parce que dans la puce, c’est-à -dire le petit résumé du livre que l’on pouvait trouver sur le site, il manquait une phrase qui faisait que le propos portait à confusion. On a eu de nombreuses réactions de sociologues très remontés par ce qu’il ont pu lire dans la puce ».
« Je comprend que cela puisse choquer. C’est un livre qui est à la frange, ajoute-t-il. Les propos de l’auteur reposent sur sa propre croyance et sa propre perception des choses. Mais ses arguments, si on les lit bien, sont plutôt des appels à la tolérance. Notre position est que l’on a une liberté totale. Tant que l’auteur appelle à la tolérance et ne prononce pas de discours haineux ».
« C’est un bouquin écrit de Tunisie et il faut bien avoir ça en tête. Il tente de lutter contre les discriminations qui existent à l’égard des homosexuels dans son pays. Il s’intéresse juste à ce sujet. Notre position est de travailler avec de nombreux écrits de pays arabes et la façon dont ces sujets sont traité peuvent sembler ici rétrogrades mais pas là -bas. Il attire l’attention sur les questions de genre inversé, il provoque une étude de ces questions et ce livre émane d’une zone où il y a une forte répression contre les homosexuels. Lui appelle à la tolérance. Le contexte dans lequel il est écrit est important et ce n’est pas un livre destiné au grand public, il est dans une collection particulièrement destinée aux sociologues, et les sociologues comprennent parfaitement bien le contexte qui entoure ce livre. Pour nous, il est important qu’il y ait de plus en plus de livres dans ces pays-là sur ses sujets. »
« Il y a en effet des passages qui peuvent faire débat, et c’est tant mieux. Je pense que ce livre permettra des débats en Tunisie et j’invite d’autres sociologues à venir faire ces débats, qui peuvent faire réfléchir, là -bas, dans le monde arabe. »
« Pour moi c’est un bouquin parmi une dizaine d’autres que publie notre maison d’éditions. Ce mois-ci sort par exemple chez L’Harmattan un autre livre intitulé Santé Gaie. Ce qui montre la diversité des ouvrages que nous publions sur ce sujet. Nous publions également une revue sur les questions de genre. Pour nous cette diversité et la liberté totale des opinions est importante. C’est tout cela qui est intéressant. Et notre position est très claire, nous sommes pour le respect et la tolérance de tous et de toutes les sexualités », conclut-il.
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Djahaï | Publié 2 juillet 2010 à 14h05 -
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