Mardi 22 juin, l’équipe du Sneg (Gérard Siad, président, Rémi Calmon, directeur, et Antonio Alexandre, directeur de Sneg prévention) répondait aux questions des internautes de Yagg à l’occasion des 20 ans du Syndicat national des entreprises gaies.

Le making-of du chat:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessous, cliquez sur Chat Yagg avec le Sneg.

L’intégralité des échanges:

modérateur: Bonjour. Le chat va bientôt commencer.

Équipe du Sneg: Gérard: Bonjour à tous et à toutes. Nous sommes ravis d’être là. Merci à Yagg de permettre cette tribune, qui permet d’éclairer quant aux spécificités des actions du Sneg.

modérateur: Nous allons prendre une première question.

anonyme: On connait le Sneg au travers de ses actions de prévention dans le domaine de la santé dans les établissements gay, pourquoi votre association est-elle dénommée « syndicat »? Faut-il y voir une appartenance politique?

Équipe du Sneg: Antonio: C’est Bernard Bousset qui l’a nommé syndicat pour donner une force au nom vis à vis des autorités de police à l’époque, en 1990.

Gérard: Nous sommes dans les faits une association avant toute chose, et conformément à l’infinie déclinaison d’appartenances sociales, politiques, confessionnelles nous avons toujours eu la détermination d’y être fidèles en étant complètement apolitique. Le Sneg n’utilise son caractère syndical que lorsqu’il s’agit de se battre contre les discriminations et que l’existence d’un établissement gay, symbole de la visibilité et gardien des libertés, est menacée. En revanche, le fondement des actions du Sneg s’appuie sur l’idée que derrière chaque établissement, il existe des gays et des lesbiennes qui entendent en acteurs sociaux et économiques participer à l’émancipation de la condition gay et défendre par ce biais les usagers de leurs commerces. Volontariat incarné par sa politique de santé, mais aussi dans sa constante participation à tirer vers le haut l’expression identitaire et participer par là-même à la cohésion sociale bénéficiant à tous.

Messager: Le terme « Syndicat » ne nuit-il pas au développement de vos actions sanitaires et sociales ?

Équipe du Sneg: Gérard: Le terme syndicat est à la fois pour nous et cela depuis la naissance du Sneg extrêmement ingrat à porter et en même temps, indispensable pour défendre les intérêts de nos adhérents et à travers eux, leur dignité et leur liberté. Il existe une transversalité étroite entre les enjeux de santé publique et le bien-être psychologique et social des gays et des lesbiennes. Cette transversalité s’incarne dans le fait de prémunir les gays contre l’homophobie, contre le déficit de l’estime de soi qui, comme de nombreuses  campagnes du Sneg l’expriment, influent quant à la capacité d’être en phase avec son capital santé et donc d’avoir davantage envie de se protéger.

Antonio: On peut dire que oui, ce terme nuit à nos actions. On doit en permanence expliquer à l’ensemble de nos bailleurs publics nos actions sur le terrain. Et cette transversalité comme le disait Gérard est parfois essentielle pour compléter les actions mais nous empêche d’avoir certains agréments dont nous aurions besoin pour développer davantage nos actions autour de la santé. Mais c’est vrai aussi pour les agréments du syndicat. Donc, il a toujours été envisagé au Sneg de séparer l’entité syndicale de l’entité prévention mais ce n’est pas à l’ordre du jour car le Sneg a une histoire et sa mobilisation est portée par des bistrotiers!

Gérard: Cette ambiguïté qui à la fois constitue une force et se révèle face à nos détracteurs comme une fragilité, cette ambiguïté a toujours fait l’objet d’attaques violentes cherchant à nous déstabiliser. Cela nous amène à faire preuve d’une très grande rigueur de gestion financière et humaine pour bien scinder les deux actions, leur financement et la nature des moyens qui leur sont dédiés. Cette cohérence aboutit aujourd’hui à un vrai succès de fonctionnement.

Antonio: Souvent, on attaque le Sneg sans penser que, derrière, il y a des hommes et des femmes engagées au sein de l’équipe prévention qui ont beaucoup souffert du manque de légitimité que leur donne les autres associations œuvrant dans le même champ de la lutte contre le sida.

François: Y a-t-il une crise des commerces gays?

Équipe du Sneg: Rémi: Oui, il y a une crise des commerces gays. Car rien dans leurs spécificités ne leur permet d’échapper à une crise qui touche l’ensemble de l’économie d’un pays comme c’est le cas actuellement. Le consommateur gay n’a rien de différent du consommateur lambda.

Antonio: J’aime bien cette phrase: les gays n’ont pas plus d’argent que les autres. Ils dépensent leur argent différemment.

Gérard: Trop souvent, pour pallier à leur isolement affectif, social, lorsque par exemple, ils montent sur les grandes villes, pour pouvoir vivre pleinement leur identité, les gays utilisent leur pouvoir d’achat pour compenser des manques, ce qui crée injustement l’illusion qu’ils auraient plus de pouvoir d’achat que d’autres.

traitdunion: Quels sont les critères du Sneg pour contrôler le bon fonctionnement d’un sauna? Et pourquoi Univers Gym n’a jamais été ré-ouvert?

Équipe du Sneg: Gérard: Nous n’avons aucun pouvoir et aucune autorité vis à vis des établissements pour les contraindre à quoi que ce soit. En revanche, dès l’instant où l’on adhère au Sneg, il va logiquement de soi que l’on souscrit à un volontariat de santé passant par des règles d’hygiène, de prévention et d’accueil. Univers Gym, établissement d’ailleurs remarquable en termes de prévention et d’accueil a disparu pour des raisons liées à un incendie dévastateur, n’ayant aucun rapport avec sa politique tant commerciale que de prévention.

Antonio: Nous ne sommes pas le bras armé, ni des Ddass (bientôt l’Agence Régionale de Santé), ni de la police, nous sommes partenaires avec l’ensemble des exploitants et comme tout partenariat, parfois il y a des divorces. On peut dire que 16% des établissements en suivi prévention nous posent un problème en prévention.

Pierre: Où en est la Charte de responsabilité des établissements de sexe? Comment vérifier que les établissements qui la signent la respectent?

Équipe du Sneg: Antonio: La Charte de responsabilité est toujours active avec nos partenaires Aides, Act Up et Sida Info Service. Nous avons 52% des établissements de sexe qui en sont signataires et 32% qui sont à niveau des préconisations de la Charte mais qui ne veulent pas s’engager. Elle est évaluée deux fois par an. Actuellement, la procédure a changé puisque c’est dans le cadre d’une auto-évaluation avec l’exploitant qu’elle a lieu. Les informations positives et négatives sont remontées au niveau d’un collectif national qui se réunira deux fois dans l’année pour statuer des suites à donner. Évidemment, en cas de problème important noté par les acteurs associatifs, j’ai en charge une action immédiate auprès de l’exploitant. Si je n’y arrive pas, je préviens le collectif de mon échec, chaque association étant libre ensuite d’agir.