Le 15 juin, l’association Gleichen chancen für alle familien (Même chance pour toutes les familles) a déposé une pétition à la Chancellerie fédérale. La veille, un sondage Isopublic sur l’homoparentalité, demandé par les associations Pink Cross et LOS, montrait qu’une majorité de la société suisse est favorable à une reconnaissance de l’homoparentalité. L’objectif commun à ces deux actions porte sur la loi sur le Partenariat (la Lpart), dont l’article 27 donne des devoirs mais aucunement des droits sur l’enfant du partenaire – il empêche notamment le partage de l’autorité parentale – et l’article 28 interdit l’adoption par un couple de même sexe et la procréation médicalement assistée.

Pour Yagg, Chatty Ecoffey, représentante romande de la pétition de l’association Gleichen chancen für alle familien (Même chance pour toutes les familles), Barbara Lanthemann, secrétaire romande de la LOS, et Yves de Matteis, co-président de Pink Cross, expliquent leurs motivations et leurs modes d’actions.

LA PÉTITION A RECUEILLI « 19380 SIGNATURES EN UN AN »

chatty ecoffey

Chatty Ecoffey

« Fin 2008, Adrian Mangold, un jeune hétéro prend conscience de la discrimination que subissent les familles LGBT en Suisse, par exemple l’interdiction d’adopter pour un couple de même sexe lié par un partenariat, raconte Chatty Ecoffey. Il crée d’abord un groupe Facebook qui compte aujourd’hui plus de 4230 membres. Dans la foulée, avec des femmes et des hommes hétéros et homos, il crée l’association Mêmes chances pour toutes les familles. Début 2009, Adrian contacte les associations nationales Pink Cross et LOS et ils décident ensemble de lancer cette pétition début juin 2009 à l’occasion de l’Europride à Zurich« .

La pétition est un succès car elle réunit 19380 signatures en un an, « ce qui montre un réel intérêt des Suisses pour cette question. Globalement la pétition a été bien reçue ». « Nous avons reçu le soutien des associations LGBT nationales et locales, poursuit Chatty Ecoffey. La Fédération genevoise des associations LGBT, qui regroupe 360, Dialogai, Lestime, ThinkOut et Parents d’homos, a ainsi été très active en Suisse romande en organisant plusieurs journées de récolte de signatures. Nous demandons au Parlement de commencer à travailler sur cette thématique et d’engager un réel débat de fond sur la diversité des familles aujourd’hui, pour permettre, à terme, une évolution de la loi. »

UNE MAJORITÉ DES SUISSES EST FAVORABLE À UNE RECONNAISSANCE DE L’HOMOPARENTALITÉ

Yves de Matteis

Yves de Matteis

En lien avec la pétition, un sondage a été effectué auprès de 1007 personnes par l’institut de recherche d’opinions Isopublic, qui avait également fait le premier sondage il y a 16 ans, « auprès des populations francophones et germanophones, afin de garder les mêmes conditions et de permettre une comparaison entre les chiffres de 1994 et ceux de 2010, précise Yves de Matteis, co-président de Pink Cross. Nous avons donc malheureusement dû écarter la partie italophone de la Suisse ».

« En 1994, un sondage sur l’adoption par les couples homosexuels avait été commandé par le magazine suisse Facts, et, à l’époque, les résultats avaient montré que la population suisse était contre une telle possibilité, indique Yves de Matteis. Comme la question posée il y a 16 ans ne concernait que l’adoption conjointe par des couples homosexuels, nous avons décidé d’ajouter deux questions supplémentaires au sondage lancé ce mois de juin afin d’avoir une image plus détaillée de l’opinion publique sur ces questions: la première sur la simple reconnaissance juridique des familles homoparentales et la deuxième sur la question de l’adoption de l’enfant d’un-e des partenaires par l’autre partenaire d’un couple homosexuel. Ce sondage incluait donc trois questions traitant du cadre juridique, de l’adoption de l’enfant par le partenaire et de l’adoption conjointe d’un enfant par un couple homosexuel. »