Yagg a lancé un défi à ses internautes: raconter leur gay pride ou marche des fiertés 2010 et la faire partager aux autres yaggeurs et yaggeuses qui voteront pour leur récit préféré. Et devenir ainsi Yagg reporters!

Après Amanda qui nous a fait vivre la Marche des fiertés de Rennes, le yaggeur Yauty raconte en mots et en images la gay pride de Berlin, le Christopher Street Day (CSD), qui a eu lieu le samedi 19 juin. Et si vous voulez devenir Yagg reporter sur la gay pride de votre ville, il est encore temps de remplir le formulaire d’inscription!


LA GAY PRIDE DE BERLIN, PAR YAUTY

Après des heures de préparation (non, ce tee-shirt rose ne me va définitivement pas) et sous un ciel bien nuageux, je me suis enfin décidé à sortir. Armé de mon appareil-photos, mon bloc-notes, mon amie Natalie, ma photographe officielle et danoise, et bien sûr, nos badges Yagg reporter, nous sommes partis à l’assaut de la 32e édition du Christopher Street Day (CSD) de Berlin.

Yauty et Natalie, la photographe

Christopher Street Day? Kesako? Un petit rappel historique. Vous connaissez tous bien sûr les émeutes de Stonewall en juin 1969? Eh bien, c’est ainsi que les « Schwule und Lesbische » de Berlin fêtent cet événement majeur de l’Histoire LGBT. À l’origine, le CSD avait lieu le 28 juin, mais depuis quelques temps, et pour des raisons pratiques, Berlin se pare de plumes, de paillettes et de préservatifs durant tout un week-end end du milieu du mois de juin.

Ici, c’est limite une fête nationale. Pensez-vous, Berlin tend sensiblement à devenir la capitale de la gay and queer attitude de l’Europe (voire du monde, sacrée ambition). Sur le site officiel du CSD, on pouvait voir le trajet, le leitmotiv de cette année, « Normal ist anders » (Normal est différent), et sentir la coloration politique de l’événement, avec les différents thèmes de cette 32e édition affichés dès la page d’accueil, et un focus particulier sur les droits des transgenres et transexuel-le-s. Le trajet de cette année était lui aussi tout nouveau tout beau: pas d’arrêt devant le Siegesäule (pour cause de rénovation), cette grande tour de la victoire sur la Straße des 17. Juni, mais le final aurait lieu à la porte de Brandebourg, haut lieu politique berlinois, et allemand, s’il en est. Petite anecdote: Siegessäule est aussi le titre du magazine gay gratuit berlinois. C’est dire si c’est une référence.

Donc me voilà parti pour Nollendorfplatz, dans le « Marais » berlinois (Schöneberg) au milieu du trajet du CSD. Et là, à peine sorti du métro, la bouche encore pleine de Curry Wurst et de bière, je tombe sur une foule immense, colorée, légèrement alcoolisée (il n’était que 14h mais les Allemands tiennent à leur réputation) mais surtout joyeuse, attendant la cinquantaine de chars prévue. La musique, la foule parlant mille langues différentes, chantant, dansant dans la rue (mais derrière des cordelettes de sécurité, « so schade… »), les costumes, tout cela m’a montré combien Berlin peut être magique.