Pendant le Mondial, filez un peu à l’anglaise et allez chercher du sport sur un autre tapis vert: le tennis retrouve son temple, le All England Croquet and Lawn Tennis Club Club, dans la banlieue de Londres. À Wimbledon, point d’orgue de la très courte saison du gazon, un tournoi où l’on joue en blanc et où l’on ne plaisante pas avec la tradition, où le tennis, enfin, peut être très rock n’roll. « Ah one, two, ah one, two, three, four! ». À lire en écoutant la playlist.

Découvrez la playlist Terrains de Jeux Wimbledon avec Radiohead

Don’t stop me now (Queen). Il vient de gagner Roland Garros pour la cinquième fois et a repris la place de numéro un mondial devant son rival de presque toujours, Roger Federer. Il était trop chou dans son émotion, ses larmes et dans son petit discours en français. Et si Rafael Nadal nous refaisait le coup du doublé Roland-Garros/Championship, en 2008? Alors, il était devenu le premier Espagnol à dompter le gazon de Wimbledon. Il avait battu Roger Federer au terme d’un match épique, cinq sets, interruption en raison de la pluie. « Rafa » retrouve Wimbledon qu’il avait dû laisser en 2009 à cause de ses genoux fatigués. On l’a pensé perdu. Il est donc là, avec une belle patate, toujours. Qui peut l’arrêter? En fait, ils sont nombreux: Andy Murray, Andy Roddick, Novak Djokovic et Federer, tenant du titre. Belle route, Rafael.

Fields of gold (Sting). Depuis maintenant quelques années, tout est en place: la coupe de son impeccable tenue très vieille Angleterre pour l’occasion, le blason – ses initiales designées sur son blazer et, plus discret, le signe de son équipementier. Comme des signes sur le sentier de l’histoire. Ici en 2009, Roger Federer a reconquis son titre, dépassant ainsi le record de Pete Sampras de victoire dans un tournoi du grand chelem (14). Pendant cette quinzaine, si vous tendez l’oreillle entre vuvuzuelas et réforme des retraites, vous devriez entendre « jardin » ou « jardinier ». Oui, le joueur suisse a le pied vert, le jeu pour accomplir des miracles sur une surface presque éphémère sur le circuit. Ce coup de poignet pour ramener une balle dans les lignes, les jambes, pliées, lui comme agenouillé pour cueillir un coup, l’œil et l’envergure pour volleyer après. On aime ou on n’aime pas, mais cette précision coupe le souffle. Mais cela ne doit pas décourager les adversaires.

Help Yourself (Amy Winehouse). Il y a eu Tim Henman puis Tim est parti sans avoir gagné Wimbledon, laissant ainsi Fred Perry le seul « Brit » à avoir gagné les Championships, en 1936. Aujourd’hui, le tennis britannique cherche toujours le nouveau champion providentiel de Wimbledon. Peut-être Andy Murray. L’Écossais est toujours bien seul dans un tennis britannique pourtant riche mais qui ne parvient pas à faire éclore des jeunes pousses, filles ou garçons. Un mystère toujours aussi insondable.

Start Me Up (The Rolling Stones). C’était il y a quatre ans. La Coupe du monde déjà. Amélie Mauresmo entrait dans le tournoi où elle allait ajouter un bel écusson à sa légende. Championne des Internationaux d’Australie après une finale tronquée sur abandon de Justine Henin, elle allait retrouver la Belge en finale, pour gagner le plus prestigieux des tournois, première Française dans la lumière 81 ans après Suzanne Lenglen. Voilà pour les souvenirs. Ce n’est pas nouveau. Quatre ans après et pas seulement depuis le départ d’Amélie en 2009, le tennis féminin français peine entre hauts et bas à l’image d’Aravane Rezai, qui réalise la meilleure saison de sa carrière mais a dû abandonner, mercredi à Eastbourne, en raison d’une douleur au poignet, ou de Marion Bartoli, finaliste à Londres en 2007 et demi-finaliste cette semaine à Eastbourne. Pourtant, les filles ne demandent qu’à s’éclater à Wimbledon.

She’s a rainbow (The Rolling Stones). C’est la jolie nouvelle dans le camp des garçons. Michael Llodra, gaucher, grand joueur de double et pas mal non plus en simple, cultive son jardin sur le gazon. À Eastbourne, le Français, conseillé par Amélie Mauresmo, a battu en quart de finale Gilles Simon qui revient de blessure, puis Alexandre Dolgopolov en demi-finale. Il sera opposé cette après-midi à l’Espagnol Guillermo Garcia-Lopez. Parmi les autres joueurs français, Jo-Wilfried Tsonga arrive en premier d’une classe un brin à la traîne ces derniers temps. Et pour les « outsiders »? Sébastien Mahut a fait le spectacle au deuxième tour des qualifications en battant Alex Bogdanovic 24-22 au troisième set. Comme il l’a dit lui-même dans sa victoire: « Ne pas renoncer ». Il sera dans le tableau final à Wimbledon. Allez, un coin de ciel bleu.

Million dollar question (Radiohead). Qui va gagner chez les filles? Car le tennis féminin se cherche, il existe de nombreuses prétendantes au titre et parmi elles celles qui ont gagné à elles deux huit titres en dix ans: Venus (5) et Serena Williams (3 dont 2009 où elle avait battu… Venus). Et pourquoi pas Maria Sharapova, de retour en bonne forme, ou Li Na qui l’a battue à Birmingham, il y a une semaine? Sans compter que Wimbledon a accordé le place de tête de série n°3 à Caroline Wozniacki: la Danoise multiplie les places d’honneur sur le circuit et vise plus avec une belle énergie. Et des « underdogs », comme à Roland Garros où personne n’attendait Francesca Schiavone et Samantha Stosur. D’ailleurs, la championne de Paris et sa finaliste, comment vont-elles? L’Italienne dont l’herbe est loin d’être la meilleure surface se dit sereine, l’Australienne plus à l’aise sur terre battue vient, elle, d’être demi-finaliste à Eastbourne.

Walking on the moon (The Police). Dans la galaxie des grands chelems, c’est l’étoile que Justine Henin n’a pas encore accrochée. C’est pour elle qu’elle est revenue avec une certaine réussite puisqu’elle a atteint la finale des Internationaux d’Australie. Toujours ce talent opiniâtre, ce revers à une main estampillé plus beau revers du tennis féminin – pas pour rien. La dernière fois qu’elle est arrivée en finale ici, c’était contre une certaine Amélie Mauresmo.

You Came (Kim Wilde). Parce que ces filles font du bien au jeu. Elles respirent la joie de vivre, de jouer. Après quelques mois de son retour gagnant, Kim Clijsters s’était absentée à cause d’une blessure: Madame Élastique a manqué à Roland Garros, elle a fait bonne impression sur le gazon d’Eastbourne avant de s’en aller en quart de finale. Serena Williams et sa gniaque sont ici pour défendre un titre, donc. Fashionista en diable, elle n’est pas mal en blanc. Bon week-end au vert.

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