Samedi 19 juin, les associations LGBT des villes de Biarritz, Rouen et Toulouse organisent leur gay pride. Pour Biarritz, ce sera l’occasion de fêter le dixième anniversaire de sa marche.

Biarritz: départ à 16h30 du Phare.
Rouen: départ à 14h, Place St-Sever.
Toulouse: départ à 14h, du Pont-Neuf.

Christophe Stephany, président de la LGP Biarritz Impact, Loïc Lucas, président de l’association A.R.C.H.E. de Rouen, et Alexandre Paris, président de l’association Arc-en-ciel de Toulouse, en disent plus pour Yagg.

« UNE MARCHE TRÈS DIFFICILE À RÉALISER »
Pour les dix ans de la marche de Biarritz, Christophe Stephany nous explique que les nouveautés vont tourner autour du pique-nique: « On veut donner plus d’ampleur au pique-nique solidaire contre toutes les discriminations. C’est un rappel des agressions homophobes et notamment celles que nous avons connues à Biarritz. » Il ajoute également: « Cette année, la marche a été très difficile à réaliser. Certains des piliers de l’association sont partis pour des raisons de vie privée, d’autres pour des soucis de santé. Jusqu’en avril dernier, nous ne savions pas si nous pouvions organiser cette marche. Mais la mort de Jean Le Bitoux nous a réveillés. Pour sa mémoire, et pour le respect de tous ceux qui se battent pour la cause LGBT, nous nous sommes lancés ».

« NOUS AVONS BESOIN DE RÉVEILLER NOTRE MILITANTISME LGBT! »
Et de poursuivre: « Pour la dixième édition, on aurait pu prévoir des surprises grandioses, mais non. Nous essaierons d’offrir le plus important: une marche militante, festive où chacun pourra être fier de ce qu’il est. Cette gay pride marque la fin de mon deuxième mandat en tant que président de l’association. Ce sera donc ma dernière gay pride. Cette dixième édition, pour moi, sera l’occasion de remercier tous les bénévoles qui ont participé à chacune des marches, tous les participants et tous ceux qui ont présidé et géré l’association. Les bénévoles aujourd’hui nous font défaut et j’espère que quelqu’un se manifestera pour prendre la relève et organiser la onzième édition! À l’heure où l’homophobie grandit à Biarritz, nous avons besoin de réveiller notre militantisme LGBT! ».

NOUVELLE ORGANISATION À ROUEN
Rouen s’inscrit cette année à la Coordination InterPride France en tant que 16e ville du calendrier officiel des Marches 2010. Explications de Loïc Lucas, président de l’association A.R.C.H.E.: « Il y a deux ans, il y avait une association LGBT qui s’occupait de la gay pride puis une autre qui a pris la relève. Et cette année, en mai, il n’y avait toujours pas d’organisateur. Donc comme je suis engagé politiquement, j’ai commencé à faire les démarches pour organiser quelque chose, ce qui m’a amené à la Coordination InterPride France. Parallèlement, Aurélie et Charlotte faisaient les mêmes démarches. On s’est retrouvé au même moment à la Coordination et comme le courant passait bien, on a décidé de monter le projet ensemble ». Samedi, il y aura « à la fin de la marche un discours pour dénoncer les propos du Vatican. Et on terminera la journée avec une soirée au XXL, le bar gay de Rouen ».

À Toulouse, la gay pride, ce n’est pas uniquement le 19 juin. « Il y a aussi 20 jours d’activités culturelles, sportives, et des tables rondes, jusqu’au 30 juin. C’est le Festival des Fiertés, explique Alexandre Paris, président de l’association Arc-en-ciel de Toulouse. L’idée est de faire intervenir toutes les associations dans les domaines que peuvent couvrir les actions LGBT, pour donner du fond ».

RENCONTRE AVEC MGR AILLET, ÉVÊQUE DE BAYONNE
Christophe Stephany revient également sur les propos tenus l’an passé par Mgr Aillet, évêque de Bayonne, qui s’en était pris notamment aux Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, « association notoirement connue pour son anticatholicisme et ses provocations blasphématoires », selon ses propres termes. « Cette semaine, notre vice-présidente et un adhérent catholique ont rencontré Mgr Aillet. Ça s’est très bien passé. Il les a reçus de manière courtoise. Le sujet de la lutte contre les discriminations a notamment été abordé. Il est prêt à travailler avec nous, même s’il ne partage pas les mêmes idées. Il conçoit la création d’une union pour les homosexuels mais l’utilisation du mot « mariage » le dérange car pour lui il signifie l’union entre un homme et une femme et la procréation. Il n’a rien contre les personnes homosexuelles et il nous a expliqué que l’année dernière, ce qui l’a dérangé, c’est la venue des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Il n’est pas d’accord avec leur façon de faire, mais il a appris à connaître leur mouvement. Nous sommes également revenus sur l’amalgame entre pédophilie et homosexualité. Il pense que la presse a mal interprété les propos du Vatican mais pour lui, les deux sont très différents car il pense que la pédophilie est une pathologie. Le seul sujet qui est resté tabou est celui de l’homoparentalité. Enfin, nous avons prévu de nous revoir pendant l’année pour faire avancer le débat ».

CONTRE-MANIFESTATIONS
La présence de groupes protestataires, lors des kiss-in et des marches LGBT, avec dans leurs rangs des catholiques extrémistes, est l’un des faits marquants cette année. Qu’en pensent nos organisateurs?