À quelques jours du festival Solidays, Luc Barruet, fondateur-directeur de l’association Solidarité sida a répondu aux internautes de Yagg. Et vous retrouverez à la fin de cette transcription la vidéo du making-of et la réaction de Luc Barruet après le chat.

modérateur:
Nous recevons aujourd’hui Luc Barruet, directeur de Solidarité Sida et organisateur du festival Solidays…

Luc Barruet: Bonjour à tous. J’ai été très bien accueilli, avec un jus d’ananas. Je me sens fin prêt. Comme c’est mon premier chat, je m’interroge sur la suite.

paulie: Faites-vous un suivi des projets financés grâce à Solidays? Si oui, quels sont les projets les plus marquants?

Luc Barruet: Je ne travaille pas au quotidien sur ces questions-là. Avec Solidays aujourd’hui, je suis sensible à deux projets: les ateliers cuisine-nutrition de l’association Ikambere, association de femmes africaines et le projet de Nzrama au Rwanda, une association qui a été créée par un jeune orphelin pour qui j’ai une profonde estime et admiration. C’est une association qui développe des systèmes d’entraide entre des orphelins et des familles d’accueil.

François: Combien rapporte Solidays chaque année et où va l’argent?

Luc Barruet: Ce que rapporte Solidays dépasse largement la question de l’argent. Pour être précis, le festival a généré 1,4 millions d’euros l’année dernière et cet argent a servi à financer des programmes de prévention et de soutien aux malades en France et à l’international.

alex: Financez-vous des projets gays? Êtes-vous sensible à ce qui se passe dans la communauté?

Luc Barruet: Oui, nous finançons des programmes dans la communauté. Alex, peux-tu préciser ta question, merci.

Babyear: Comment en êtes-vous venu à créer Solidays?

Luc Barruet: Le Festival faisait partie du projet fondateur de l’association et cela a failli s’appeler « Loving Stock ». On a toujours voulu faire en sorte que notre manière d’agir contre le sida repose sur une dynamique collective et populaire et c’était certainement lié à mon passé d’animateur.

alex: Je pensais au relâchement de la prévention et au fait que la capote semble parfois devenir ringarde…

Luc Barruet: Ce sujet dépasse le sujet communautaire et, même si la tentation du relâchement peut s’entendre après tant d’années, il semble important que collectivement et individuellement, on arrive à le dépasser.

KaZoo: Pourquoi le concert de clôture ne dure-t-il plus deux heures comme avant, lorsqu’il y avait le concert surprise révélé dans les dernières semaines avant Solidays?

Luc Barruet: A Solidays, à de très rares exceptions près, les concerts durent toujours une heure. Et à part Manu Chao l’année dernière et M cette année, nous tenons à garder une égalité entre les artistes.

Krim75: Les artistes qui viennent jouer à Solidays le font-ils bénévolement?

Luc Barruet: Ça dépend ce que l’on appelle bénévolement! Le coût zéro n’existe pas. Quand Manu Chao vient jouer à Solidays, ce n’est pas comme Francis Cabrel aux Restos du Coeur. Les artistes se déplacent avec des équipes de production importantes, pour assurer un vrai spectacle. À titre indicatif, M cette année vient à Solidays avec sept semi-remorques et 80 techniciens. Les concerts nous coûtent forcément de l’argent mais tous les artistes, en venant à Solidays, font de gros efforts sur leurs coûts de production.

améliepoulette: Quand saura-t-on les horaires des concerts?

Luc Barruet: Au risque de te décevoir, il te faudra attendre le 25 juin à Longchamp. Un petit scoop: les premiers artistes du vendredi, Winston MCAnuff, Blood Red Shoes et Ghinzu joueront à une heure du matin.

anonyme: Est-ce que les participants à Solidays sont sensibles à la lutte contre le sida? Ne viennent-ils pas juste pour écouter des artistes en live?

Luc Barruet: La majorité le sont et à titre personnel, ça ne me dérange pas que certains viennent uniquement pour voir des concerts. Ils ont acheté leur billet et c’est à nous d’arriver à les intéresser aux problématiques qui sont les nôtres.

monday: Pourquoi planifier chaque année Solidays en même temps que la Gay Pride, sachant que plusieurs associations se sont déjà plaintes d’avoir à choisir où assurer leur présence entre deux événements aussi importants dans l’année lgbtiq?

Luc Barruet: Malheureusement, nous n’avons pas eu à choisir, c’est la concurrence des festivals en France et à l’international, qui nous a obligé à avancer Solidays d’une semaine. On essaie au maximum d’éviter tout téléscopage entre les deux événements. D’ailleurs, cette année, il y aura une minimarche des fiertés à Solidays, le samedi après midi.

Paul Denton: Bonjour, quelle est votre réaction face aux propos de Pierre Bergé qui accuse « le Téléthon de parasiter la générosité des Français de manière populiste, en montrant des enfants myopathes, en exhibant le malheur des enfants »? Pensez-vous que le Téléthon crée effectivement un déséquilibre par rapport aux autres causes?

Luc Barruet: Je n’en ai pas le sentiment et je comprends, même si je ne partage pas la démarche, que l’on puisse jouer sur l’émotion pour recruter des donateurs. Je regrette à chaque fois que des associations puissent s’opposer encore plus par médias interposés. Il faut reconnaître que le milieu associatif n’est pas un milieu aussi simple qu’il y paraît…

chrisproiis: Salut Luc, j’ai eu l’occasion de travailler avec vous en tant que bénévole et à temps plein en 2004. Je voudrais te dire merci pour tout le travail que tu as fait, et bravo à toute l’équipe. Combien de bénévoles cette année seront déployés sur l’événement?

Luc Barruet: Il n’y a pas de quoi. Un petit millier. Il n’y a pas de quoi. C’est un plaisir de partager cette aventure avec vous, les bénévoles. Si je suis encore là après 17 ans, c’est parce que je continue de faire de très belles rencontres à l’association.

hellodolly: Antoine de Caunes suit-il toujours l’association? Quel est son rôle exactement?

Luc Barruet: Antoine est quelqu’un de discret, mais fidèle. Il fêtera cette année son dixième Solidays, et a déjà réservé tout son week-end. Il arrive le vendredi à l’ouverture des portes et ne repart de Longchamp que le dimanche soir. Même s’il lui arrive de plus en plus de faire des grimaces sur chaque photo.

johnnyboy: Menez-vous d’autres actions que Solidays?

Luc Barruet: Sur le plan événementiel, oui. Il y a les tournées de la nuit du zapping et dès septembre 2010, une nouvelle initiative: le Grand zapping show.