Le Parlement catalan a ouvert une enquête sur une clinique privée de Barcelone qui propose de « soigner » l’homosexualité. La polyclinique de Tibidabo offre en effet à leurs patients des médicaments et des traitements psychiatriques pour qu’ils cessent d’être gay.

Le psychiatre Joaquín Muñoz qui consulte dans cette clinique, intimement persuadé que l’homosexualité est une maladie, prescrit des comprimés pour diminuer le désir sexuel.

« Personne ne veut être homosexuel, ça leur tombe dessus », affirmait-il lundi 14 juin au quotidien local El Periódico de Catalunya. « Si avec un comprimé on pouvait changer son orientation sexuelle, 99% des gays voudraient en prendre ».

« MAQUILLAGE SCIENTIFIQUE »
Selon le quotidien espagnol El Pais, la plupart des patients de ce médecin sont de jeunes pratiquants qui considèrent leur foi incompatible avec leur orientation sexuelle et cherchent une solution thérapeutique. « Ces thérapies avaient donc peu de choses à voir avec la science mais visiblement beaucoup à voir avec des fondamentalismes idéologiques, visiblement religieux », commente le journal, « ce qui est grave dans ce cas, c’est le maquillage scientifique que l’on accorde à des arguments idéologiques ».

Une affaire qui choque largement l’opinion publique espagnole, depuis quelques jours. L’ Espagne est en effet très en avance sur la plupart des autres pays européens en matière d’égalité des droits LGBT, notamment grâce à l’ouverture du mariage et du droit à l’adoption pour les couples homosexuels en 2005. Mais déjà, à l’époque des débats parlementaires sur cette loi, Aquilino Polaino, professeur de psychologie de l’Université privée San Pablo-CEU, s’était exprimé au Sénat espagnol à la demande du Grupo Popular pour dire que les homosexuels pouvaient « être aidés avec des thérapies réparatrices », rappelle El Pais. Ajoutons, s’il le faut, que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a cessé de définir l’homosexualité comme une maladie en 1990. Seulement.

SANCTION FINANCIÈRE
Le département de la Santé enquêtera, dans les jours à venir, pour savoir si d’autres centres psychiatriques espagnols appliquent des solutions médicales à l’orientation sexuelle. Le département s’est également donné un mois pour enquêter plus spécifiquement sur les activités de cette polyclinique. Si ces accusations sont confirmées et que de telles thérapies réparatrices étaient proposées, le gouvernement local prévoit une sanction financière lourde pour l’établissement de santé. L’équivalent catalan de l’Ordre des médecins enquête également sur le professeur Joaquín Muñoz.

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