Cela fait 15 ans que les villes de Lyon et de Bordeaux organisent des marches LGBT. Celles de l’édition 2010 ont lieu ce samedi 12 juin. À Bordeaux, la Marche des Fiertés LGBT prendra son départ à 14h30, place Aristide Briand. À Lyon, la Marche des  Fiertés LGBT démarrera à 14h, avenue Verguin, au Parc de la Tête d’Or.

À cette occasion, Olivier Borel, vice-président de la Marche des Fiertés LGBT de Lyon, et Matthieu Rouveyre, président de la Lesbian & Gay Pride de Bordeaux, expliquent à Yagg les spécificités de ces anniversaires, évoquent les risques de contre-manifestations, et proposent leur diaporama de 15 ans de marches.

L’ÉDITION 2010
À Bordeaux, la LGP a travaillé sur une exposition itinérante, « Regards sur les discriminations« , constituée de onze panneaux qui « exposent chacun un type de discrimination homophobe, lesbophobe ou transphobe et proposent les solutions possibles », explique l’association sur son site.

À Lyon, on passe de la minute de silence… à la minute de cris. « Il y aura une minute de cris pour les sans-papiers », explique Olivier Borel. En effet, le mot d’ordre cette année est « Droit au séjour, droit d’asile: ne transigeons pas! Protégeons les lesbiennes, gays, bi et trans’! ». « Pour les 15 ans, ajoute-t-il, les Sœurs de La Perpétuelle Indulgence du couvent des Chenets célèbreront une messe de bénédiction de la marche ».

CONTRE-MANIFESTATIONS
Après le kiss-in contre l’homophobie de Lyon, le 18 mai dernier, perturbé par des catholiques intégristes, et les gay prides de Tours et de Nantes, qui ont également donné lieu, dans une moindre mesure, à des contre-manifestations, comment nos deux responsables envisagent les marches 2010?

Olivier Borel revient sur les événements à Lyon: « Si la préfecture a empêché l’altercation directe, nous ne sommes, en revanche, pas satisfaits de sa gestion des événements. Car nous, notre action était déclarée en préfecture. Cette dernière n’a pas empêché la manifestation des extrémistes alors que celle-ci n’avait pas d’autorisation. On nous a bloqués pendant pratiquement une heure et la police a chargé, lorsque j’appelais à la dispersion, avec des flashballs et des gaz lacrymogènes. Les forces de l’ordre auraient pu au moins nous laisser le temps de partir et comprendre ce qui se passait ». Il précise que l’affaire suit son cours: « Nous commençons a récupérer un certain nombre de témoignages et nous verrons, en fonction de cela, si nous déposons un dossier au Tribunal administratif contre la préfecture ». Et en ce qui concerne la gay pride? « Il y a deux ans, il y avait déjà eu une contre-manifestation, se souvient Olivier Borel, mais l’année dernière, on ne les avait pas vus. Dans notre ville, il y a une résurgence des groupes extrémistes. Ils ont repris du poil de la bête et sont extrêmement actifs ». Même si Olivier Borel pense que « ce qu’ils tentent de produire est anecdotique ».

Quant à Matthieu Rouveyre, à Bordeaux, il nous confie: « J’ai reçu une déclaration du Bloc identitaire (mouvement politique d’extrême droite, ndlr). Suite au récent reportage des Infiltrés sur France 2 intitulé À l’extrême droite du Père (montrant notamment les liens entre l’extrême droite et les catholiques intégristes à Bordeaux, ndlr), nous sommes vigilants. Il est nécessaire que les progressistes – LGBT, féministes, groupes anti-discriminations et anti-racistes – s’organisent. La gay pride est une occasion de rassembler les troupes. C’est le moment où les forces progressistes restent en veille car en face, nous avons des gens porteurs de haine et de mépris de l’autre. À Bordeaux, on connaît un vrai regain pour l’intégrisme religieux. Ça a toujours existé, mais aujourd’hui, ils manifestent en toute impunité ».

Yagg a demandé à Olivier Borel et Matthieu Rouveyre de sélectionner et commenter quelques photos retraçant 15 ans de marches LGBT dans leur ville. Retrouvez-les ci-dessous et pages suivantes:

Bordeaux, 2006: Mika du bar Le Trou duck.

Bordeaux, 2008: Au moment du dépôt de gerbe à la mémoire des déportés homosexuels.

Bordeaux, 2009: Marche militante.