Le Mondial commence aujourd’hui, jusqu’au 11 juillet. Prenez-vous au jeu ou faites corps avec lui. Ça peut valoir le coup.

Tête (prise de). Mais ne le prenez donc pas comme ça. La Coupe du monde peut être un moment sympathique, une parenthèse dans cette drôle d’époque où c’est la crise tous les trois mois et où l’on a failli tous choper la grippe A. Prenez-le comme une bouffée d’air, un moment où l’on peut porter des maillots de foot sans être totalement ridicule. Moulant ou baggy, selon les kilos et l’humeur. Mettez fin – enfin – aux idées reçues. Dans les bars, on peut discuter, partager. Juré, on ne parle pas seulement du jeu de jambes de Nicolas Anelka. Et si vous êtes vraiment rétif, appréciez de pouvoir circuler ou dîner dans les rues tranquille les soirs de grands matches.

Bras. Cataclysme en Côte d’Ivoire. Didier Drogba s’est cassé le cubitus lors d’un match de préparation contre le Japon, le 4 juin. Il s’est entraîné avec ses collègues, équipé d’une protection qualifiée de légère. C’est déjà arrivé des joueurs, dans le plâtre: en 1978, le Néerlandais René Van der Kerkhof a joué la finale contre l’Argentine avec un poignet fracturé. Accroche-toi Didier.

Main. « C’est la mimine à Titi, c’est la mimine à Titi, c’est la mimine à Titi (da capo) ». Ok, j’arrête. On risque d’en entendre encore parler. D’autant qu’en Irlande, une enseigne de restauration offre une pizza pour chaque but encaissé par la France. 350 pizzas maximum, quand même. Bien vu pour le marketing.

Main (2). Vous les voyez courir, regardez aussi ceux qui gardent les buts, corps tendu vers l’action, yeux aux aguets, toujours en mouvement pour ne pas perdre l’influx: ce sont les gardiens de but. Admirez l’Italien Gianluigi Buffon, impérial; l’élégance de l’Espagnol Iker Casillas – un chouchou.

Corps. Eux, ce n’est pas un homme, une vedette, un héros. Eux, ils ont un pays entier derrière eux, une équipe de feu, toujours. Il portent cinq étoiles, un record dans la compétition. Le foot brésilien, cela ressemble à un grand cliché. Amour du jeu, le Brésil est le pays du football. Chaque Mondial, on en fait des favoris. Encore en cette année très relevée: des valeurs sûres. Du plaisir, de la joie.

Fesses. Si l’Argentine est championne du monde, Diego Maradona a promis qu’il courra tout nu dans Buenos Aires. En attendant, admirer le jeu d’une équipe tout entière enroulée autour de son presque dieu: Lionel Messi même si celui-ci est annoncé fatigué.

Pieds. Ils sont espagnols. Les champions d’Europe en titre font vivre le ballon comme des poètes ou des perdus. Xavi, Fernando Torres, David Villa comptent parmi les grands favoris d’une compétition qu’ils n’ont jamais remportée.

Nerfs. L’Angleterre retient son souffle. Wayne Rooney va-t-il garder son sang-froid? Car le perceur de défenses – avec des buts au bout de l’effort – a souvent les nerfs en pelote. Il avait été exclu en quart de finale contre le Portugal en 2006, match perdu par l’Angleterre qui n’a été championne qu’une fois, en 1966. C’est comme en tennis, avec Wimbledon qui n’a pas eu de champion depuis Fred Perry en 1936. Le pays attend, espère, se languit.

Bosses et bleus. Allez les Bleus. Il y a pas mal de vague à l’âme. Dures, dures ces quatre dernières années: finale perdue en 2006, Euro 2008 catastrophique, une équipe qualifiée à l’arrache pour l’Afrique du Sud, un sélectionneur mal-aimé, une préparation en demi-teinte, des joueurs peu loquaces, et derrière eux, des amateurs inquiets. Que va faire la bande à Ribéry, Anelka, Lloris, Gallas ou Valbuena qui rencontre l’Uruguay ce soir? Qui prédisait une finale des Bleus en 2006? Cela s’appelle la glorieuse incertitude du sport. Mais, on le répète: la Coupe du monde de football met aux prises 32 équipes.

Chair de poule. Et oui, des émotions. Derrière le barnum, des hommes, des rêves, des ratés, des larmes, ce que le sport peut avoir d’affectif puissance beaucoup: pour la gourmandise de Samuel Eto’o devant le but, la maestria de Cristiano Ronaldo, les accélérations de Kaka; une jeune Squadra Azzura qui défend le titre de ses aînés; la ferveur populaire qui entoure les Bafana Bafana, l’Afrique du Sud qui accueille la première Coupe du monde du continent africain. À très vite.

Dessin La p’tite Blan

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