Si vous êtes à Lille, Angers, Metz ou Montpellier ce samedi, le 5 juin, vous pourrez participer aux Lesbian & Gay Pride et Marches des Fiertés de ces villes. Les organisateurs des quatre événements – Vincent Autin, président de la LGP Montpellier, Stéphane Corbin, président de la Coordination InterPride France et, localement, de Quazar qui s’occupe de la LGP d’Angers, Frank Danvers, président de la LGP Lille et Matthieu Gatipon-Bachette, président de l’association Couleurs Gaies de Metz – expliquent à Yagg les nouveautés des éditions 2010 et les particularités de chaque marche.

LES CHANGEMENTS DE 2010
Cette année, les nouveautés seront principalement liées aux animations qui complètent les défilés.

Pour la 11e édition, Angers renforce le village gay avec diverses animations: « Ce sera un lieu très vivant et une manière de le faire vivre avec des stands comme ceux de Contact, le Centre LGBT Rennes, celui de Nantes et le Forum Trans parents et proches« . Lille, qui fête son 15e anniversaire, aura également un village des associations de 12h à 19h place de la République, avec le retour de la soirée officielle – attendue depuis 2006 –, dans un lieu symbolique, le Tri Postal, en plein cœur de Lille. À Metz, pour la 8e édition de la Marche des Fiertés, en collaboration avec Émergence 57, Trans AideEquinoxe, l’évolution se fait dans le même sens:  jeudi, début des animations, avec, entre autres, la projection du film Le Fil, et vendredi, la présentation par Franck Chaumont du livre Pourquoi les gays fonts-ils peur? à la librairie Géronimo. Et à Montpellier, qui en est à sa 16e marche et est candidate à l’Europride 2014, le défilé change de nom et devient la « Marche des diversités », qui intègre des quartiers: « Nous sommes en place sur deux quartiers sensibles: Hauts-de-Massane et Croix d’Argent. Il faut un char pour chaque quartier de Montpellier, le quartier de la Croix d’Argent sera le premier à avoir un char sur les discriminations en général, dont celles qui touchent les LGBT ».

FRÉQUENTATION
Les présidents des associations organisant les défilés font le même constat: la fréquentation de la gay pride augmente sensiblement au fil des années.

Pour Montpellier, en 2009, « nous avions 14000 personnes de présentes avec 22 chars. Ce qui est une réelle évolution par rapport à 2008 avec 8000 personnes et 11 chars. Cette année, pour le moment, nous avons 26 chars ». À Lille, « au plus fort de la manifestation, 10000 personnes étaient présentes à la Marche, un record! ».

LE PROBLÈME DES CONTRE-MANIFESTATIONS
Après les interventions de militants contre-manifestants lors des gay prides de Nantes et de Tours et le kiss-in de Lyon, les associations s’inquiètent-elles d’éventuels débordements? Dans l’ensemble, jusqu’ici, les quatre villes n’ont pas eu de problèmes lors des précédents kiss-in et gay prides.

En Lorraine, où la marche a lieu une année sur deux à Metz et l’autre à Nancy, « la seule fois où nous avons eu des contre-manifestations, c’était à Nancy ». À Montpellier, « nous avons beaucoup de chance car nous n’avons jamais eu de contre-manifestations et jamais ce type de débordements. Ici, la gay pride est énorme et il y a donc un rapport de force conséquent, même si ce n’est pas ce que l’on cherche ».

À Angers, l’association et la ville se préparent: « Nos marches sont déclarées en préfecture. Elle est responsable si elle maintient les contre-manifestations et il faudra que celles-ci soit disloquées. Les manifestations que nous organisons sont politiques et il faut que chacun garde ses revendications. Si il y a des débordements avec des intégristes, les forces de l’ordre seront présentes pour les stopper ».

Pour Stéphane Corbin, il y a toujours eu un vent de contre revendication. Matthieu Gatipon-Bachette renchérit: « il y a une libération de l’homophobie qui s’est amplifiée avec internet ». « Depuis un certain temps, ces extrémistes acceptent de sortir à visage découvert, souligne quant à lui Vincent Autin. Par ce type de dérives, les gens qui ont des idées extrémistes n’hésitent plus à sortir. »

LA LESBIAN & GAY PRIDE EST UNE FÊTE MAIS PAS QUE…
Le caractère festif de la la gay pride peut parfois sembler prendre le dessus sur les revendications, mais selon Frank Danvers, « la gay pride n’est en aucun cas un show, et celles ou ceux qui la prennent pour tel n’ont absolument rien compris! C’est une manifestation militante et revendicative, bien sûr complétée par de la musique et se déroulant dans un esprit bon enfant, mais d’abord un moment de visibilité publique pour les associations (le seul de l’année pour certaines), le jour aussi où toutes les représentations LGBT sont présentes ».

Pour Vincent Autin, de Montpellier, « de toute façon, c’est inévitable. La gay pride c’est faire du militantisme avec la fête. C’est plus facile de faire passer le message avec le sourire. Je considère que la gay pride est la seule fête de la solidarité, de la tolérance, de l’égalité des droits qui a un vrai rôle à jouer dans les luttes. Les autres manifestations répondent d’une action sociale ».

Montpellier: rassemblement à 15h, jardins du Peyrou
Metz: rassemblement à 15h, place Saint Louis
Lille: rassemblement à 14h, place de la République
Angers: rassemblement à 14h, place Dumesnil

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