Yagg à Cannes, 8e et dernier épisode, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira.

Sentiment étrange samedi soir. S’attabler enfin, après 10 jours de junk food avalée à n’importe quelle heure, pour un dîner cinéphile et amical. Prendre le dernier verre au Zanzibar (plusieurs fois parce que personne n’a envie de rentrer) et attendre de savoir ce qu’il restera de ce 63e Festival de Cannes…

UN BILAN: TIM BURTON OSE APICHATPONG WEERASETHAKUL!
Non, nous n’avons pas tapé des lettres dans un ordre aléatoire, ni inventé un nouveau cri de guerre. Le grand Tim, et son jury, ont frappé fort en honorant de la récompense suprême le film Uncle Boonmee, Who Can Recall His Past Lives, du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, qui a bénéficié ces derniers jours d’un regard bienveillant de la part de nombreux festivaliers. Certains, qui restaient sur le très bon souvenir de Tropical Malady, ont été déçus par ce film qui n’a pour l’instant pas de distributeur en France et donc, pas de date de sortie connue.

Bande-annonce:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Uncle Boonmee, Who Can Recall His Past Lives – Bande-annonce.

Le jury a aussi aimé, comme une bonne partie de la critique, le film de Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux, qui s’est vu remettre le Grand Prix.

Ils n’ont pas pu choisir: l’Ibère Javier Bardem (Biutiful) et l’Italien Elio Germano (La Nostra Vita) se partagent le prix d’interprétation masculine.

On ne l’attendait pas: Juliette Binoche est récompensée pour sa prestation qui, il faut le dire, est loin d’avoir fait l’unanimité, dans Copie conforme, d’Abbas Kiarostami.

On ne lui aurait pas donné ce prix-là: Poetry, le beau film du Coréen Lee Chang-Dong reçoit le prix du scénario, on aurait plutôt récompensé la mise en scène.

On est heureux mais un peu déçus: Le prix de la mise en scène va à Mathieu Amalric pour Tournée qui a été longuement ovationné par une salle debout et dont on a dit tout le bien que l’on pensait dès le premier jour du Festival. Il a appelé à ses côtés ses actrices, les fameuses strip-teaseuses ultra-glamour du film dont l’immense Mimi Le Meaux. Cela aurait été une Palme d’Or et un prix d’interprétation féminine un peu plus audacieux.

La bonne surprise: Le prix du jury va à Un Homme qui crie, un film tchadien sur la guerre civile qui symbolise le retour discret du cinéma africain, absent de la sélection depuis 13 ans (le film sort en septembre). Enfin, signalons que la Caméra d’Or a été remise par le Mexicain Gaël Garcia Bernal (président du jury récompensant un premier film) à Année bissextile, un film… mexicain (!), très hot, qui sort le 16 juin en France.

Le grand absent du palmarès est Mike Leigh, qui avait une très bonne cote parmi les journalistes.

UNE IMAGE: LA CINÉPHILIE DES JEUNES DU MONDE ENTIER
Cannes, c’est un peu « the place to be » pour tous les fous de cinéma et les initiatives se multiplient pour permettre au grand public présent dans la ville de voir des films (séances à La Bocca) ainsi qu’aux jeunes réalisateurs de développer leur projet (La Résidence de la Cinéfondation).

Cannes, c’est aussi l’entrée du Palais où de jeunes cinéphiles du monde entier rivalisent d’ingéniosité pour « séduire » d’éventuels détenteurs de tickets pour les projections du soir. Mentions spéciales à ce jeune Cannois prêt à « échanger sa virginité contre un ticket » ainsi qu’à ce jeune cinéphile asiatique qui a fait 7000km en bateau pour venir au Festival (photo ci-dessous).


UNE PLAYLIST: LA B.O. DE CANNES 2010
Pour prolonger l’ambiance des sélections cannoises, un petit tour d’horizon des titres que tout le monde a chantonné en sortie de projo.
– Aquarium, Camille Saint-Saens. Cet extrait du Carnaval des animaux ouvre toutes les séances cannoises et on ne s’en lasse (presque) pas.
Jump in the Line, d’Harry Belafonte. Extrait de la B.O. de Beetlejuice, repris par Melody Gardot pour honorer le président du jury, Tim Burton, lors de la cérémonie d’ouverture.
– Have Love, Will Travel, The Sonics. Générique énergisant de Tournée, de Mathieu Amalric, notre Palme d’Or.
– Farewell/Goodbye, M83. Planant dans L’Autre monde, de Gilles Marchand.
Bang Bang, Dalida, le tube (en italien) entêtant des Amours imaginaires, de Xavier Dolan.
Pass This On et Heartbeats, The Knife. Toujours dans Les Amours Imaginaires (dont Heartbeats est le titre pour l’exploitation anglophone).
Loveless Love, The Feelies. Dans le Carlos, d’Olivier Assayas.
Rocks off, The Rolling Stones. Dans Stones in Exile, le documentaire de Stephen Kijak.
Anima Fragile, Vasco Rossi. De la vraie chanson italienne tire-larmes dans La Nostra Vita, de Daniele Luchetti.

Remerciements aux très mélomanes Nicolas Schaller et Marie Sauvion.

La playlist à écouter:

Découvrez la playlist Cannes 2010 avec The Rolling Stones

Si vous n’arrivez pas à écouter le player ci-dessus, cliquez sur La playlist Cannes 2010.

Textes et photo (cinéphile) Franck Finance-Madureira

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Affichez votre poster et faites votre pub sur le mur de Yagg!