Yagg à Cannes, épisode 6, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira.

Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, franchement pas très gai et un café avec Armand Lachance, du Pavillon américain pour une soirée, elle, très très gay.

LE FILM DU JOUR
Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois (Compétition officielle): Les saints nous laissent de glace
Xavier Beauvois avait jusqu’à présent, dans sa carrière de metteur en scène, un côté « auteur » assez moderne qui a pu aussi bien séduire (Le Petit lieutenant) qu’énerver (N’oublie pas que tu vas mourir). Avec son nouveau film, il ne fait ni l’un, ni l’autre: il nous indiffère profondément.

Pour raconter l’histoire des sept moines français de Tibhirine assassinés en 1996 en Algérie, Beauvois adopte le point de vue des moines mais aussi leur rythme de vie. D’où un film très lent, assez peu bavard, ponctué de longues scènes de prière, de chants religieux et de réflexions théologiques. Au final, il ne donne jamais les clés au spectateur sur le pourquoi de leur présence dans ce coin reculé des montagnes, si ce n’est que l’un d’entre eux est médecin et soigne la population locale, ni sur la réalité de la menace qui pèse sur eux suite à la demande faite aux étrangers de quitter le pays. Le film, avec son ton monastique, ne parvient jamais à nous toucher, tout simplement parce qu’il manque de vie. Les Algériens environnants sont une toile de fond, et les montagnes algériennes sont à peine entre-aperçues.

On a souvent reproché à Beauvois sa posture auteuriste en tant que metteur en scène. Là, l’angle de vue adopté, par excès d’anti-sensationnalisme sans doute, donne un film d’une platitude pesante. On peut vraiment lui reprocher d’être complètement passé à côté d’un sujet qui aurait pu être passionnant. Dommage. Mais ça plaira beaucoup à Télérama

En salles le 8 septembre.

Extrait:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois.

UN CAFÉ AVEC… ARMAND LACHANCE
Armand Lachance est le directeur des événements du Pavillon américain sur la Croisette, il organise depuis quatre ans une soirée gay pendant le Festival de Cannes, et il nous apprend que la prochaine aura lieu vendredi soir, veille de la cérémonie de remise de la Queer Palm. Trois bonnes raisons de lui poser deux questions.

Comment est née cette soirée gay du Pavillon américain? Le Pavillon américain a toujours été très gay-friendly. La première soirée gay, il y a quatre ans, s’était organisée autour de l’équipe du film Shortbus, puis nous avons continué chaque année à créer cet événement que nous voulons vraiment gay, même si on dit, que, quelque part, toutes les soirées sont un peu gay à Cannes!

Et peux-tu nous en dire plus sur la soirée de cette année? Elle aura lieu vendredi soir, à 21h, mais nous ne savons pas encore qui sera notre guesthost. On attend de 300 à 400 personnes et nous aimerions bien pouvoir accueillir les Cannois qui le souhaitent, mais c’est un peu compliqué car il faut un badge du festival ou une accréditation pour entrer dans la zone d’exposition des pavillons. Nous espérons surtout pouvoir continuer à organiser ce rendez-vous chaque année!

LES BUZZ DE LA CROISETTE: « CARLOS », GODARD ET « DOLAN’S CADILLAC »

Vue au marché une affiche de Dolan’s Cadillac, adapté de Stephen King (encore?) avec Christian Slater. A priori, le film ne raconterait pas l’histoire d’un jeune réalisateur canadien qui aurait tué sa mère et vécu des amours imaginaires avant d’acheter une nouvelle voiture!

L’hésitation du jour a eu lieu à midi: faut-il aller à la projection officielle de Carlos, d’Olivier Assayas, qui pourtant a l’air assez génial? S’enfermer 5 heures d’affilée pour voir d’une traite tous les épisodes d’une série qui sera diffusée sur Canal. Franchement, non!

Mauvaise nouvelle (1): Godard n’est pas venu!
Mauvaise nouvelle (2): son film, si!

Texte et photo (Armand Lachance) Franck Finance-Madureira

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