Le kiss-in contre l’homophobie, qui a eu lieu hier soir, mardi 18 mai, sur la place Saint-Jean, à Lyon, a été le théâtre de vives tensions entre participants au kiss-in et contre-manifestants. Initialement prévu le samedi 15 mai, sur cette même place, à quelques jours de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai, il avait été jugé illégal par la préfecture du Rhône pour des raisons administratives. La Lesbian & Gay Pride de Lyon (LGP Lyon) avait alors dénoncé « le manque de fermeté et de courage du préfet du Rhône », estimant que la préfecture cédait « à la pression des mouvements intégristes catholiques », ceux-ci organisant de leur côté une campagne intense pour faire interdire ce rassemblement d' »extrémiste homosexuels » et appelant même à la fin des « subventions publiques allouées » à la LGP Lyon. À noter que parmi eux on retrouve notamment Les Jeunes pour la France, du parti le Mouvement pour la France (MPF), dirigé par Philippe de Villiers.

« NOTRE MANIF EST AUTORISÉE, PAS LA LEUR »
Hier soir, dès 19h30, 300 participants au kiss-in se sont rassemblés aux abords de la place Saint-Jean, raconte Le Progrès dans son compte-rendu. Mais ils ne pourront aller plus loin, « gendarmes mobiles et CRS leur barrent l’accès au site pour éviter l’affrontement avec la centaine de jeunes catholiques ultras et de militants proches de l’extrême droite qui ont pris place sur le parvis », rapporte le quotidien. Les deux groupes, brandissant banderoles et pancartes, s’invectivent alors à coups de slogans: « Assez, assez, de cette société qui ne respecte pas les trans’, les gouines et les pédés! », d’un côté, « Ça suffit, cathophobie! », de l’autre. « Notre manif est autorisée, pas la leur, explique au quotidien David Souvestre, président de la LGP Lyon. Je ne vois pas en quoi c’est choquant de s’embrasser sur une place publique! Et nous recommencerons l’an prochain, surtout si le cardinal Barbarin [archevêque de Lyon] ne condamne pas les gestes que l’on a vus en face ».

ÉVACUATION MUSCLÉE
Quelques baisers entre participants au kiss-in ont pu être échangés, mais l’ordre d’évacuation des lieux est donné par les forces de l’ordre à 21h30. Une évacuation « musclée », « à coups de bombes lacrymogènes », donnant lieu à l’interpellation de deux personnes, issues des manifestants catholiques extrémistes. « Si les défenseurs des homosexuels se sont inclinés sans ciller, quittant vite les lieux, de jeunes catholiques et des militants proches de l’extrême droite ont, pour la plupart, opposé une forte résistance », rapporte le journaliste du Progrès.

LES ASSOCIATIONS S’INTERROGENT
Aujourd’hui, les associations, notamment LGBT, même si elles se félicitent de la mobilisation des participants au kiss-in, s’interrogent sur la gestion du rassemblement par la préfecture du Rhône, qu’elles estiment « calamiteuse ». Dans un communiqué commun (signé par la Lesbian and Gay Pride de Lyon, le Forum Gay et Lesbien de Lyon, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) – Fédération du Rhône, SOS Racisme, la FSU – Fédération Syndicale Unitaire, Rimbaud, Middlegender, l’UNEF, Moove!, Chrysalide, Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence – couvent des chênaies), elle interpellent la préfecture du Rhône: « Pourquoi le droit à manifester pacifiquement pour la défense des droits des homos n’a-t-il pas été respecté? Pourquoi les extrémistes, présents de manière illégale, ont-ils pu occuper la place Saint-Jean et multiplier les provocations haineuses? Pourquoi les manifestants des Droits de l’Homme, présents de manière conviviale, ont-ils été chassés sans sommation de manière violente? ».

Le reportage-vidéo du Progrès:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Kiss-in de Lyon: face à face et évacuation musclée.

Un autre reportage, signé LyonVidéos.fr:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Kiss-in de Lyon devant la cathédrale Saint-Jean.

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