On craignait son veto, qui aurait retardé l’entrée en vigueur de la loi parce qu’elle aurait dû repasser devant le Parlement qui aurait sans problème passé outre le veto présidentiel, mais le président portugais Anibal Cavaco Silva, qui a avoué en être bien conscient, a considéré qu’en raison des temps difficiles que traverse le Portugal, il ne pouvait diviser le pays. La loi devrait entrer en vigueur dans les prochains jours.

C’est au cours d’une allocution télévisée en direct du palais présidentiel de Bélem que le président portugais a annoncé sa décision: « J’ai décidé de promulguer aujourd’hui la loi qui autorise le mariage entre personnes de même sexe ».

Et cela s’est passé hier, 17 mai, le jour même de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie! Même si Anibal Cavaco Silva signe la loi à contre-coeur, il honore la fonction présidentielle: comme c’était son droit, il a demandé l’avis de la Cour constitutionnelle qui a estimé la loi conforme à la Constitution. Ce catholique ne s’est donc pas soumis au désir de Benoit XVI: on se souvient que le pape, lors de son voyage au Portugal, avait une nouvelle fois réaffirmé que le mariage des couples de même sexe constitue un des « défis les plus insidieux et les plus dangereux » de notre époque. Il n’a pas « découvert la couronne », comme l’avait fait le Roi des Belges Baudoin Ier qui avait fort temporairement trouvé bon de démissioner au moment où il allait être contraint de signer la loi sur l’avortement. Il a simplement attendu que le pape s’en soit allé pour signer la loi et a une dernière fois publiquement développé ses arguments en défaveur du mariage des homos.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, rendez-vous sur le site de la présidence portugaise.

Voici la traduction de quelques passages de l’allocution présidentielle:
« J’estime ne pas devoir contribuer à prolonger inutilement ce débat, ce qui aurait pour effet d’accentuer les divisions entre les Portugais et détournerait l’attention des responsables politiques des problèmes. »

« J’estime qu’il n’aurait pas été difficile de parvenir à un compromis au Parlement si un effort avait été fait dans ce sens » [le compromis en question, c’est le modèle britannique ou le modèle français, des pays qui n’accordent pas le droit au mariage à leurs concitoyens, un modèle qui selon Cavaco Silva n’aggrave pas la fracture sociale…].

« Dans le monde, on ne trouve que sept pays où l’union entre personnes de même sexe est appelée mariage. Sur les 27 États membres de l’Union européenne, on n’en trouve que quatre. »

Bienvenue donc au huitième pays!

Luc Lebelge

En partenariat avec Gay Kosmopol

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Affichez votre poster et faites votre pub sur le mur de Yagg!