Yagg à Cannes, épisode 4, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira.

Plein soleil sur la Croisette aujourd’hui, c’était le moment de s’enfermer un peu plus de deux heures dans une salle climatisée pour voir le nouveau film de Mike Leigh présent dans la Sélection officielle et pour prendre un café, à l’ombre du auvent de la plage du Majestic, avec Xavier Dolan, comédien et réalisateur des Amours imaginaires dont nous vous parlions hier. Enfin, un petit point sur les buzz de ces dernières 24 heures.

LE FILM DU JOUR
Another Year, de Mike Leigh (Sélection officielle): Quatre saisons
Mike Leigh est de retour à Cannes, après avoir reçu la récompense suprême en 1996 pour Secrets et mensonges. Fidèle à son habitude, le réalisateur anglais s’attelle à l’exercice qu’il préfère: les portraits de gens ordinaires. Il a découpé Another Year en quatre séquences, au fil des quatre saisons. Et comme dans la pizza du même nom, il y a toujours un morceau que l’on préfère.

Ici le personnage central n’est pas forcément celui qu’on voit le plus souvent à l’écran. Mary, puisque c’est elle qui est au cœur du film, est une quadra un peu dépressive et seule, très seule. Elle est à deux doigts de tomber dans un alcoolisme ordinaire mais se débat dans ce monde avec les armes dont elle dispose: son charme, sa féminité, sa nouvelle voiture et sa drôlerie un peu nunuche. Secrétaire dans le paramédical, elle s’est liée d’amitié avec une « collègue » psy qui forme avec son mari géologue, un couple de bobos londoniens bon teint qui cultive ses propres légumes et ses amitiés avec quelques cas limites désespérés qui ne sont pas véritablement de « leur » monde.

Ce couple, Tom et Gerri (oui, c’est drôle, mais ils sont habitués à la blague!) ne sont pas les personnages les plus attachants du film même si c’est dans leur maison que tous convergent. Leur côté « bons samaritains » est limite caricatural et le film (un peu long) ne retrouve son intérêt que lorsque le personnage de Mary est à l’écran. L’actrice Lesley Manville, qui à certains égards fait penser à une sorte de Catherine Frot anglaise, est absolument réjouissante. Drôle, touchante, elle porte en elle tout le propos social du film et Leigh aurait vraiment gagné à couper au montage toutes les scènes où elle n’apparaît pas.

Un extrait:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Another Year, de Mike Leigh, extrait.

UN CAFÉ AVEC… XAVIER DOLAN
Le jeune comédien et cinéaste québécois nous a ravi avec Les Amours Imaginaires. À 21 ans, il savoure sa deuxième sélection cannoise aux côtés de ses deux comédiens et amis (Niels Schneider et Monia Chokri). Xavier Dolan a beaucoup de talent, un grand sourire engageant et un accent charmant, trois bonnes raisons de lui poser deux questions.

Tu as écrit ce film en pensant à tes amis au retour d’un voyage que vous aviez fait ensemble. Comment as-tu eu l’idée d’écrire sur un trio amoureux? Il n’y a aucune ambiguïté dans nos rapports amicaux, on a simplement partagé le même désir de se retrouver ensemble tous les trois sur ce projet artistique. Je suis jeune, j’ai vécu peu de choses et je ne parle que de ce que je connais donc je m’inspire d’expériences même si je n’ai jamais connu un trio amoureux… mais des refus et des échecs, oui! Tout a été écrit et même les témoignages face à la caméra pour lesquels j’ai demandé aux comédiens d’être dans le non-jeu.

Du point de vue de la réalisation, il y a beaucoup de jeux sur les couleurs primaires… Tout ce qui est autour des variations chromatiques était écrit aussi. Sur les scènes où chacun est avec un partenaire, les couleurs primaires mettent en exergue le côté primaire et essentiel de ces étreintes. C’est pour moi une sorte de ponctuation du quotidien.

LES BUZZ DE LA CROISETTE: ÉCHOS DE PROJOS
Emeute à la projection à la Semaine de la Critique de Rubber, de Quentin Dupieux (Mr Oizo) qui avait déjà commis Steack. Le mystère reste entier sur ce film pour la plupart de ceux qui sont restés à la porte. On sait simplement que le héros est un… pneu tueur!

Projection officielle de La Princesse de Montpensier, le film de Bertrand Tavernier. SMS d’un informateur de Yagg présent dans la salle: « applaudissements polis pour La Princesse. Salle s’est vidée en vitesse. On voit les fesses de GLR mais moins bien que dans Les Chansons d’amour. L’actrice pleurait». Tout le monde a compris? Pour ce qui est de « GLR », je tente un café dans les jours prochains…

Textes et photo (Xavier Dolan) Franck-Finance Madureira

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