Yagg à Cannes, épisode 2, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira.

Comme il fait bon parfois sortir un peu du Palais du Festival pour aller voir des films dans les sections parallèles, et particulièrement celle de l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). C’est là que nous avons trouvé notre coup de cœur du jour, le documentaire d’une jeune cinéaste venue du Paraguay. Qui dit coup de cœur dit « film du jour » et un café avec…  la réalisatrice, Renate Costa.

LE FILM DU JOUR
Cuchillo de Palo (108), de Renate Costa (sélection Acid): Mon oncle, mon père, ces héros.
Renate Costa signe un premier long métrage documentaire au titre énigmatique qui fait référence à un dicton espagnol qui dit que « Chez le forgeron, le couteau est de bois », et, par ricochet, à la tradition familiale des Costa qui veut que tous les hommes soient forgerons.

Rodolfo, l’oncle de Renate, était différent, il voulait être danseur. À travers cette enquête sur sa propre famille, Renate se retrouve à enquêter sur l’affaire des « 108 » (une liste d’homosexuels) qui fut à la fin des années 50 le précédent fondateur d’une homophobie d’État, mais aussi sur un complot sordide qui, pour protéger le fils du dictateur Alfredo Stroessner d’une sombre histoire de meurtre, déclencha une nouvelle stigmatisation des homosexuels.

Grâce aux témoignages puissants qu’elle recueille, la cinéaste dresse en creux le portrait de son père. Au-delà du propos politique, les scènes père-fille sont absolument sublimes, on les croirait écrites par un scénariste-dialoguiste de génie. Ce documentaire ambitieux et un peu brut sur la forme, est, au final, une plongée extrêmement sensible dans l’homophobie ordinaire. Le coup d’essai bouleversant d’une jeune cinéaste à suivre de près.

Un extrait:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Cuchillo de Palo (fragmento 1).

UN CAFÉ AVEC… RENATE COSTA
Renate est la réalisatrice de Cuchillo de Palo (108), elle est enchantée d’avoir pu montrer son film à Cannes après la première mondiale à Berlin et forme avec ces deux productrices un trio féminin de choc. Trois bonnes raisons de lui poser deux questions.

Comment as-tu réagi quand tu as appris la sélection du film à Cannes? Wouah! En venant du Paraguay, Cannes, c’est loin pas seulement géographiquement mais aussi dans l’imaginaire, c’est très très loin! C’est comme si je rêvais, c’est vraiment un cadeau!

Quelles sont les réactions du public aux projections du film? À Cannes, on sent que le public a une culture cinéphile. Tu sens qu’ils décodent, qu’ils suivent les choix des cinéastes et parviennent à tout comprendre. Du coup, ils prennent la vraie mesure de la gravité de l’histoire alors qu’ailleurs, en Amérique du Sud notamment, c’est plus compliqué. Il y a une véritable concentration ici, une tension et une émotion incroyables. Et les deux projections ont fait salle comble avec un public qui a réagi de façon très émouvante.

LE BUZZ DE LA CROISETTE: « WALL STREET 2 »
Retour au Palais pour le buzz du jour. La projection de Wall Street 2 hier soir était un peu spéciale. Week-end oblige, le parterre de la grande salle ressemblait à une réunion de l’intelligentsia française (CAC 40, politiques et institutionnels en tous genres). Et un nom était sur toutes les lèvres. Vu le film et les sujets évoqués (crise, capitalisme, Trésor américain et tutti quanti), chacun se demandait si DSK allait apparaître dans le film ou dans la salle. La déception manifeste du public et les applaudissements timides ont obligé Michael Douglas à faire lui-même la claque! Oliver Stone y repensera à deux fois pour le casting de Wall Street 3 en… 2012 (?).

Textes et photo (Renate Costa) Franck-Finance Madureira

Lire aussi: Yagg à Cannes (1): « Tournée » de Mathieu Amalric, Un café avec Marie Sauvion, le buzz, etc.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Affichez votre poster et faites votre pub sur le mur de Yagg!