Depuis plusieurs mois, le ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi et le ministère du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État s’engagent concrètement, auprès de leurs fonctionnaires, dans une politique de lutte contre les discriminations, notamment contre les discriminations homophobes. Dans le cadre de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai prochain, le ministère s’empare du sujet et propose une campagne d’information et de sensibilisation.

ALLER PLUS LOIN QUE LA CHARTE
En décembre 2008, l’ensemble des ministères signaient la Charte pour la Promotion de l’Égalité dans la Fonction publique avec Louis Schweitzer, président de la Halde à l’époque. Une charte qui se donnait pour objectif de promouvoir l’égalité dans toutes les fonctions publiques et de prévenir toutes formes de discriminations. Problème: cette Charte constitue certes un premier pas, mais elle n’engage pas, elle n’est pas contraignante, et il est difficile de vérifier concrètement si ses principes sont respectés.

Dans la continuité de cette charte, les ministères économique et financier se sont dotés en février 2009 d’un Comité consultatif pour la diversité et l’égalité professionnelle. « Ce dispositif est parti d’un constat simple: dans les administrations nous devons respecter les principes élémentaires d’égalité », explique à Yagg Didier Hue, délégué à la diversité, qui dirige ce comité.

« LABEL DIVERSITÉ »: CONTRE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATIONS
Le Comité pour la diversité souhaite aujourd’hui garantir les droits de ses fonctionnaires en obtenant une labellisation de la démarche de lutte contre toutes les formes de discrimination pour l’inscrire dans la durée. Ce « label diversité » s’obtient auprès de l’Afnor, un organisme tiers, privé, qui l’attribue puis vérifie que l’entreprise ou l’administration tient bien ses engagements. Contrairement à la Charte, le label contraint.

« Le label diversité, c’est une procédure de certification qui est utilisée par les entreprises privées, mais qui peut parfaitement l’être par des administrations, dont le niveau d’exigence est plus important que la Charte », explique Didier Hue. Le ministère s’est engagé dans cette démarche, pour agir en profondeur sur ces questions, dans la durée, pour prévenir toute forme de discriminations, selon les critères définis par la loi: l’âge, le sexe, l’origine, l’orientation sexuelle, la santé, le handicap, la grossesse, le physique, l’appartenance syndicale etc. Il y a 18 critères en tout ».

« NOTRE MINISTÈRE EST LE PREMIER À FAIRE CETTE DÉMARCHE »
« Notre ministère est le premier à faire cette démarche, continue t-il. On a déjà franchi des étapes importantes. On a regardé toutes nos procédures et on a pris des mesures pour améliorer les choses. Nous prévoyons une nouvelle réunion du comité pour la diversité avant l’été, pour déposer le dossier complet auprès de l’Afnor au mois d’octobre. Si on obtient le label, ce que l’on espère, des auditeurs se déplaceront et viendront voir sur place comment les choses se passent concrètement. »

Pour obtenir et conserver ce label, le ministère devra satisfaire un cahier des charges et s’engager concrètement à faire un état des lieux des situations de discriminations dans l’entreprise, définir et mettre en œuvre une politique de diversité, communiquer en interne, sensibiliser et former les fonctionnaires sur les questions de discrimination, prendre en compte la diversité dans les étapes de recrutement, d’accueil et d’évolution professionnelle etc. Le label est accordé pour trois ans et un point d’étape est fait à mi-parcours.

« L’HOMOPHOBIE EST UNE DISCRIMINATION COMME UNE AUTRE »
À l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai prochain, le ministère s’engage en particulier sur les questions des discriminations homophobes à travers différentes actions.

À Bercy, ce jour-là, des comédiens viendront jouer des saynètes de théâtre sur des situations de discrimination, entre 12h et 14h. D’autres animations se tiendront toute la journée, Comin-G – l’association LGBT du ministère – tiendra un stand d’information et de sensibilisation sur les discriminations homophobes et distribuera des tracs. Afin de ne pas cibler que Paris, les tracs d’information et de sensibilisation ont également été distribués hier, mardi 11 mai, sur 11 autres sites du ministère.