Louis-Georges Tin, fondateur du Comité IDAHO et organisateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, a répondu en direct aux questions des internautes de Yagg le lundi 10 mai.

Voici le compte-rendu du chat, ainsi que ci-dessus un making-of (si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Chat avec Louis-Georges Tin sur Yagg).

Modérateur: Bonjour. Le chat va commencer d’ici quelques minutes…

Louis-Georges Tin: Bonjour à Yagg et bonjour aux yaggeurs et aux yaggeuses!

Yann: Les dirigeants français, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, se sentent-ils concernés par la Journée mondiale contre l’homophobie?

Louis-Georges Tin: Honnêtement oui. Depuis que la Journée a été reconnue par le gouvernement en 2008, il y a eu des avancées significatives, même si elles demeurent insuffisantes à mes yeux, évidemment.

Caphi: Qui a suggéré et décidé du choix de l’Assemblée nationale pour tenir le colloque de la Journée internationale? Est-ce vous seul? Et pourquoi?

Louis-Georges Tin: Le colloque « Idaho Religions » est organisé par un comité de pilotage auquel participent une dizaine d’organisations, comme David et Jonathan, le Beit-Haverim, HM2F, LDH, et bien d’autres encore. Vous pouvez vous inscrire en écrivant à colloque@idahomophobia.org. Et pourquoi l’Assemblée? Parce que c’est un lieu républicain par excellence et que nous voulons faire venir les instances religieuses sur le terrain des valeurs républicaines justement. En d’autres termes, nous ne voulons pas aller sur le terrain de la théologie qui n’est pas le nôtre, nous demandons aux théologiens de venir sur le terrain des droits humains qui nous concernent tous. En ce sens, l’Assemblée nationale constitue un symbole exemplaire.

rââ: Bonjour. Cette année, l’Idaho est consacrée aux religions. Pourquoi ce choix? Et qui choisit le thème?

Louis-Georges Tin: Le thème est proposé par moi-même en tant que président du Comité Idaho et discuté avec les correspondants nationaux du Comité Idaho dans les pays qui participent à la campagne. De l’avis général, il y avait de fortes raisons de s’intéresser aux religions cette année tant il est vrai qu’elles contribuent trop souvent, hélas, à renforcer les préjugés homophobes et transphobes. Au demeurant, l’actualité récente n’a fait que confirmer notre intuition première.

locken: Fortes raisons! Comme?

Louis-Georges Tin: En Ouganda, les lois homophobes qui risquent d’être renforcées sont directement inspirées par des évangélistes originaires des États-Unis. Les sept pays qui appliquent la peine de mort le font en référence à la charia. Quelles que soient les religions, il y a partout des fanatiques qui utilisent les croyances pour justifier l’injustifiable. Nous croyons que cela nuit aux personnes LGBT bien sûr mais aussi aux croyants eux-mêmes qui se discréditent chaque fois qu’ils gardent le silence face aux violences. C’est pourquoi nous appelons les croyants et les responsables religieux à lutter avec nous contre les dérives sectaires ou intégristes qui minent leurs propres communautés religieuses.