Du 5 au 9 mai, rendez-vous sur la Canebière! La deuxième ville de France accueille la 8e édition du festival Reflets, un événement original qui séduit par sa diversité. Reflets, c’est du cinéma, mais aussi des expos, des fêtes et même un one woman show (et pas n’importe lequel). Revue de détails avec Michèle Philibert (photo), directrice et programmatrice passionnée.

Peux- tu nous raconter la genèse du festival Reflets? C’est un Festival professionnel de cinéma aux thématiques LGBT, créé en 2002 par deux amies, Florence Fradelizi et moi, travaillant l’une et l’autre dans le cinéma et la culture. Il repose sur une structure associative, MPPM (Moving Project / Projets en Mouvement), que j’ai créée en 2008.

Le festival a été accueilli dès sa première édition par le cinéma Les Variétés, et ses 5 salles Art et Essai en plein centre de Marseille, sur la Canebière. C’était une volonté de visibilité.

Quelle était la motivation pour se lancer dans la création d’un tel événement à Marseille? Un désir: porter sur les écrans de la deuxième ville de France des œuvres cinématographiques internationales, récentes, originales, audacieuses, et  grâce à celles-ci, lutter contre les discriminations et réfléchir à la société. Le nom choisi pour nommer ce festival, témoigne de ce désir « Reflets, des films d’aujourd’hui pour penser demain ».

C’est ambitieux comme accroche! L’ambition, c’est surtout de faire découvrir au public le cinéma de sensibilité lesbienne, gay, bi, trans’, de mettre en place des débats, créer des lieux de rencontres ouverts et transmettre en toute liberté et équité le partage de l’intelligence et de la sensibilité que procure la culture et que donnent les artistes. Les courts métrages, longs métrages et documentaires présentés sont souvent inédits et peu distribués. Ils ont permis de fixer au fil des ans divers rendez-vous à un public de plus en plus élargi, dans des moments privilégiés de rencontres et de découvertes.

Notre engagement, c’est de tisser du lien social dans la ville en rassemblant pour l’événement associations LGBT et autres, artistes, structures culturelles, établissements privés, touristiques, institutions, jeunes et lycéens.

Avec une réelle volonté de pluridisciplinarité si l’on en croit le programme? Oui, parallèlement à la diffusion d’oeuvres cinématographiques, le festival mène depuis sa création des partenariats avec des structures relevant d’autres pratiques artistiques afin de favoriser la visibilité de formes multiples, ainsi que le croisement des publics. Ainsi, les expositions de photographies, d’installations, de textes, de poésies, d’arts visuels, ainsi que les concerts et les soirées avec DJs, ont accueilli les œuvres de jeunes artistes de la scène nationale et internationale.

Les actions pédagogiques et éducatives sur les questions de genre et de sexualité en direction des lycéens de la région Paca ont été mises en place depuis 2003 avec le réseau Cinémas du Sud et dans le cadre du dispositif Lycéens au Cinéma. Le festival accueille donc des classes de lycéens, accompagnés de leurs enseignants, pour des programmations de films qui leur sont destinées, et qui permettent ensuite des échanges et débats à l’issue des projections.

Si tu devais donner envie aux lecteurs de Yagg de venir passer quelques jours au festival, que pourrais-tu nous dire de plus sur la programmation? Ah… Une question délicate, car j’aimerais évoquer toute la programmation. Mais bon…: la soirée d’ouverture avec un court métrage d’un jeune réalisateur français (Alter Ego de Jérôme Nunes), présenté en première… internationale, et un très beau film venu d’Italie et du Maroc (Corazones de mujer de Kiff Koosof). La soirée de clôture, hommage à la jeune création avec des courts métrages français et étrangers. Cinq documentaires, dont une thématique sur le sport. Un film et un débat portant sur les droits et luttes des LGBT. La série de 6 courts métrages pour la séance destinées aux lycéens et ceux sur les femmes et le sida  (« Silence = mortes »). Et une première: un one woman show avec une… Lesbienne invisible!

Le festival n’a pas pu avoir lieu l’année dernière, mais que te reste-t-il de la dernière édition, en 2008? Le plaisir des réalisatrices et réalisateurs débattant avec le public après la projection de leurs films. Des spectatrices et spectateurs sortant des salles, parfois des larmes plein les yeux ou de grands sourires. Le débat avec les jeunes lycéens et lycéennes après la projection de Fucking Amal de Lukas Moodyson: un formidable espoir!

Découvrez la bande-annonce du festival:

http://www.youtube.com/watch?v=OVogLdwej6M

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez ici.

Propos recueillis par Franck Finance-Madureira

Plus d’infos et programme complet du festival ici.

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