Des parlementaires qui s’unissent en collectif pour défendre la liberté d’expression: à première vue, la cause est noble. À première vue… Créé à l’initiative de Lionnel Luca,  ce collectif veut s’unir face à une « censure » qui s’exerce « de plus en plus, de manière directe ou indirecte » et « au-delà de ce que pourrait prescrire la loi ». Selon les 28 députés (tous UMP) qui ont déjà rejoint le collectif, on trouve Jean Tibéri, ancien maire de Paris, Bernard Debré, Françoise Hostalier et… Christian Vanneste. Leur cible: les associations et les juges qui exerceraient une pression sur « des enseignants, des journalistes, des magistrats, des élus, voire même des préfets ».

« PROCÈS D’INTENTION » CONTRE ÉRIC ZEMMOUR
Ces députés qui crient à la censure citent en exemple le « procès d’intention » récemment fait au journaliste Eric Zemmour (voir le débat avec Caroline Fourest), poursuivi en justice par certaines associations pour ses propos sur l’origine ethnique des délinquants. Dès lors, on comprend mieux. Ce que ces députés semblent reprocher aux associations et aux juges, c’est de faire leur travail, dès lors qu’une personnalité publique se lance dans des diatribes racistes, homophobes ou sexistes. Et que parfois, certaines émissions ou certaines tribunes accordent beaucoup d’importance à des chroniqueurs qui, au prétexte de ne pas faire dans le politiquement correct, s’en prennent sans vergogne aux homosexuels, aux femmes, aux minorités visibles.

Pas besoin de rappeler les états de service d’un Christian Vanneste, qui a dû s’expliquer devant la justice pour ses propos sur « la menace pour la survie de l’humanité » que représenterait selon lui l’homosexualité, mais signalons que le créateur de ce collectif, le député des Alpes-Maritimes Lionnel Luca avait signé la pétition antipacs et la pétition de sinistre mémoire de Michel Pinton contre le mariage homosexuel, que Jean Tibéri, du temps qu’il était maire de Paris, avait participé à la manifestation antipacs de Christine Boutin et que Bernard Debré avait dit non aux Gay Games à Paris, dans une tribune publiée en 2008 dans Le Figaro. Et là, on comprend encore un peu mieux, non?

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