Tous les ans, à l’occasion de la Journée nationale du souvenir des héros et des victimes de la déportation, le dernier dimanche d’avril – demain –, les associations LGBT rappellent que la déportation pour motif d’homosexualité a également existé. L’émotion, déjà particulièrement forte lors de cette commémoration, sera cette année encore un peu plus accentuée par la mort de Jean Le Bitoux, qui fut l’un des principaux porteurs de la cette revendication et le fondateur du Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH) (lire notre article).

En l’état actuel des recherches, on sait qu’au moins 63 Français ont été déportés pour motif d’homosexualité au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, comme le rappelait l’an dernier Philippe Couillet, président des Oublié(e)s de la mémoire:


exposition sur la déportation des homosexuels
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oriflamme déportation homosexuelle © Les Oublié(e)s de la MémoireLe Mémorial de la déportation homosexuelle (MDH) propose sur son site un état des lieux ville par ville, de celles où les associations LGBT sont associées à la cérémonie officielle, comme Montpellier ou Angers, à celles où elles devront intervenir séparément, après la cérémonie, en passant par Marseille, où l’intervention de la Halde a permis que la gerbe des associations LGBT soit déposée lors de la cérémonie elle-même, mais où les associations de déportés refusent encore la participation financière des associations LGBT à une gerbe commune.

PAS DE VOLONTÉ POLITIQUE?
« En 2001, le Premier ministre Lionel Jospin déclarait: « Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l’occupation contre certaines minorités – les réfugiés espagnols, les tziganes ou les homosexuels », rappelle le MDH. En 2005, le Président de la République Jacques Chirac déclarait: « En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés ». Le 18 janvier 2006, le Parlement européen votait une résolution sur l’homophobie en Europe dont voici un extrait: « Le Parlement invite tous les États membres concernés à enfin reconnaître pleinement que les homosexuels ont figuré parmi les cibles et les victimes du régime nazi ». Les deux déclarations d’éminents représentants de l’État français sont des actes politiques d’importance; elles ne sauraient toutefois constituer à elles seules les actes officiels par lesquels la République française reconnaîtrait la déportation pour motif d’homosexualité. Si nous saluons le vote de la résolution du Parlement européen, force est de constater qu’elle n’a pas eu de conséquences effectives en France. En effet, depuis 2005 nous attendons vainement une nouvelle déclaration ministérielle ou présidentielle mentionnant les déportés pour motif d’homosexualité. Nous espérons toujours qu’un jour prochain toutes les victimes de la déportation seront citées dans les discours, messages et allocutions. »

« Faisant abstraction des difficultés rencontrées ici ou là et considérant que le devoir de mémoire est plus que jamais nécessaire, le MDH invite le plus grand nombre de personnes à rendre hommage aux déportés pour motif d’homosexualité à l’occasion de la 65e Journée du Souvenir de la Déportation », conclut le Mémorial de la déportation homosexuelle.

Par ailleurs, le 15 mai prochain, une plaque commémorative sera dévoilée sur la façade du théâtre municipal de Mulhouse (lire notre article).

Pour en savoir plus sur la déportation pour motif d’homosexualité, rendez-vous sur les sites du MDH, des Triangles Roses, des Oublié(e)s de la Mémoire et des Flamands Roses.

Photos Les Oublié(e)s de la Mémoire et Mémoire des Sexualités

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