Un couple homosexuel avait disparu le 7 mars 2009 dans un village du Cher, leurs corps avaient été retrouvés le 4 juin sur les bords de la Loire. L’enquête montre aujourd’hui qu’ils ont vécu un véritable supplice la nuit de leur disparition et qu’ils ont été enterrés vivants.

Luc Amblard, 56 ans, et Guy Bordenave, 39 ans, étaient entrepreneurs de spectacles, ils habitaient le village de Couy (Cher) et vivaient ensemble depuis plus de vingt ans, lorsqu’ils ont été enlevés.

LIGOTÉS, BÂILLONNÉS ET ENTERRÉS VIVANTS
Leurs corps avaient été retrouvés assis, ligotés, bâillonnés et enterrés dans un trou de 1,20 m à 1,50 m de profondeur, à La Charité-sur-Loire, dans la Nièvre. « Les deux hommes, assis, se faisaient face, les mains attachées avec des liens de plastique et la bouche bâillonnée avec du ruban adhésif large », raconte Le Berry.fr. Un mois plus tôt, le 1er avril 2009, deux hommes avaient été interpellés et mis en examen. L’un d’eux connaissait l’une des victimes et c’est lui qui avait indiqué aux enquêteurs l’emplacement des corps. Claude Juillet et Christophe Raye ont depuis été écroués pour « enlèvement, séquestration, suivis de mort ». Ils ont tous les deux reconnus leur implication dans les enlèvements mais seul Claude Juillet reconnaît la mise en terre.

Lors d’une conférence de presse donnée à l’issue d’une journée de reconstitution pour « vérifier les versions des deux accusés », Éric Mathais, procureur de la République de Bourges, expliquait: « Selon un des deux mis en examen, les victimes auraient été ensevelies vivantes et seraient donc décédées étouffées. (…) Ces éléments sont confirmés par l’autopsie. On n’a trouvé ni trace de coup de feu, ni trace de violence, ni alcool, ni drogue. Les victimes se sont vues mourir ».

C’est donc un véritable supplice qu’on vécu les deux victimes dans la nuit du 7 au 8 mars 2009. Claude Juillet, l’un des accusés, dit « qu’ils étaient tous les deux avec les victimes. Le fourgon a été garé à environ vingt mètres du trou. Il n’y aurait pas eu de violence, pas d’usage d’arme. Les deux victimes sont descendues dans le trou. Elles n’ont apparemment pas crié, ne se sont pas débattues, comme si elles étaient résignées », ajoute le procureur. Christophe Raye indique pour sa part qu’il n’a pas participé à la mise en terre et, qu’après l’enlèvement, il serait « allé en ville, boire un verre ». Le trou aurait été creusé environ cinq jours avant la mise en terre.

LA PISTE D’UN CRIME CRAPULEUX
Les deux accusés n’ont pas, jusqu’à présent, expliqué leur geste. Il ne s’agirait en tout cas pas d’un crime homophobe. Le procureur avance pour l’instant deux pistes: « Soit c’est purement crapuleux et les deux hommes venaient chercher de l’argent. Soit c’est lié au fait que la sœur de l’une des victimes avait une relation avec l’un des deux mis en cause et que le couple de Couy était contre cette liaison. (…) La maison a en tout cas été fouillée, des cartes bancaires ont ensuite été utilisées et des ordinateurs portables ont été volés ».

L’instruction devrait être close à l’automne et le procès devrait se tenir dans un an devant les assises du Cher. Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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