Alors qu’il y a quelques jours Barack Obama annonçait que désormais les hôpitaux américains seraient pour la plupart obligés de permettre à leurs patient-e-s de désigner les personnes autorisées à être à leurs côtés et à prendre les décisions médicales les concernant en cas de besoin (lire notre article), le National Center for Lesbian Rights (NCLR) rapporte une histoire effrayante. Voici une traduction quasi intégrale du texte posté sur le site du NCLR.

Clay et Harold vivaient en couple depuis 20 ans dans le comté de Sonoma en Californie. Ils avaient fait toutes les démarches nécessaires pour protéger leurs droits, leurs papiers étaient en ordre, du testament aux procurations et directives médicales, qui les désignaient tous l’un et l’autre comme exécutants. Harold, de santé fragile, avait 88 ans, mais il vivait encore dans la maison qu’il partageait avec Clay, 77 ans et en bonne santé.

Un soir, Harold est tombé des escaliers et a été emmené immédiatement à l’hôpital. Selon leurs instructions, Clay aurait dû être contacté immédiatement. Malheureusement, les employés des services de santé du comté ont refusé de laisser Clay rendre visite à Harold à l’hôpital.

Le comté est allé jusqu’à demander à un tribunal le droit de prendre des décisions médicales et financières concernant le couple, présentant les deux hommes au juge comme des colocataires.  La cour a autorisé un accès limité aux comptes d’Harold afin de pourvoir au paiement des factures de santé.

L’histoire devient plus sordide encore: sans la moindre autorisation, et sans déterminer la valeur des possessions de Clay et Harold, accumulées pendant 20 ans de vie commune, ni ce qui pouvait appartenir à l’un ou à l’autre, le comté a tout mis en vente au enchères. Clay a été placé en maison de retraite contre son gré (mais pas la même qu’Harold), leur bail est rompu et leur maison rendue au propriétaire.

Trois mois après son hospitalisation, Harold décède en maison de retraite. Suite aux décisions du comté, Clay n’a pas pu partager les derniers mois de celui auprès duquel il a vécu pendant 20 ans. De plus, Clay se retrouve littéralement sans rien de la maison dans laquelle il vivait avec Harold jusqu’au jour de l’accident. Le seul souvenir qu’il lui reste est un album de photos qu’Harold avait réussi à remplir pour lui pendant ses derniers mois.

Avec l’aide d’Anne Dennis, une avocate commise d’office mais déterminée, Clay a pu être libéré de la maison de retraite. Anne Dennis représentera Clay lors d’un procès le 16 juillet à Sonoma, contre le comté, la compagnie qui a organisé la vente aux enchères et la maison de retraite.

Sur National Center for Lesbian Rights [en], via The Bilerico project [en]