Lech Kaczynski

Lech Kaczynski

Quand quelqu’un meurt, on a très vite tendance à oublier ses défauts. Même les pires. C’est ainsi que dans le concert d’hommages à Lech Kaczynski, qui a trouvé la mort, avec au moins 95 autres personnes, dans un accident d’avion samedi 10 avril, les chefs d’État du monde entier ont salué « un dirigeant dévoué à la liberté et la dignité de l’homme » (Barack Obama), « l’un des acteurs les plus importants de l’histoire politique moderne de la Pologne » (Gordon Brown), un « inlassable défenseur des idées auxquelles il croyait » (Nicolas Sarkozy), un « patriote polonais qui dans le même temps était très engagé pour l’Union européenne » (José Manuel Barroso), pour n’en citer que quelques-uns.

UN PRÉSIDENT CONTROVERSÉ
Avant sa mort, Lech Kaczynski était un président controversé dans son pays comme en Europe. Eurosceptique proche de Radio Maryja, une station ouvertement xénophobe et antisémite, il était favorable à la peine de mort (abolie en 1997), opposé à l’avortement et un homophobe convaincu. C’est lui qui, alors qu’il était maire de la capitale polonaise, avait interdit les gay prides de Varsovie en 2004 et 2005 (où doit d’ailleurs se tenir l’Europride le 17 juillet prochain). En 2005, lors de l’élection de Lech Kaczynski à la tête du pays, l’Inter-LGBT demandait « à l’État français, aux gouvernements européens et à la Commission européenne d’observer la plus grande vigilance dans leurs relations avec la Pologne, et de condamner avec la plus grande sévérité toute atteinte aux droits des personnes LGBT, aux droits des femmes et, d’une manière plus générale, aux libertés fondamentales (droit de réunion, droit de manifestation, droit d’association, droit d’expression) ». En 2007, Lech Kaczynski déclarait encore, au sujet de l’homosexualité: « Si cette approche de la vie sexuelle devait être appliquée à une plus grande échelle, l’humanité disparaîtrait ». Oui, à nous aussi ça nous rappelle quelqu’un.

Et en 2008, il avait utilisé sans leur accord les images du mariage d’un couple de gays américains, Brendan Fay et Tom Moulton, pour illustrer sa démonstration que le Traité de Lisbonne conduirait inexorablement la Pologne à ouvrir le mariage aux couples homosexuels, rappelle Towleroad (lire aussi Revue de web du 11 avril 2009).

L’OUTING DE JAROSLAW KACZYNSKI
Au fil des ans, Lech Kaczynski et son frère jumeau Jaroslaw, considéré par beaucoup comme le stratège du duo, ont dominé la vie politique polonaise, avec leur parti Droit et Justice (PiS). Proches de Lech Walesa au sein de Solidarnorsc, ils s’étaient éloignés de lui dans les années 1990.

Izabela Jaruga-Nowacka

Izabela Jaruga-Nowacka

En 2006, Jaroslaw, alors Premier ministre, a été outé par la presse polonaise, qui a publié des documents des services secrets, selon lesquels une enquête avait été diligentée pour découvrir s’il était dans une relation homosexuelle stable, et si oui, qui était son compagnon.

Comme le souligne notamment E-llico, parmi les autres victimes de l’accident se trouvait Izabela Jaruga-Nowacka, ex-vice Premier ministre, féministe proclamée et défenseure des droits LGBT.

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