PRÉVENTION SIDA ET LUTTE POUR LES DROITS
Le constat est désormais connu, les moyens de lutter contre le sida chez les HSH existent. Mais c’est sur l’approche à adopter que des divergences apparaissent. Faut-il, en suivant l’exemple du Maroc, « faire avec », mener des actions de sensibilisation et de prévention auprès des HSH sans essayer de faire changer la loi? Faut-il promouvoir au contraire la visibilité des homosexuels et la lutte pour leurs droits afin de faire bouger les choses? Cette deuxième option semble aujourd’hui compromise: la répression féroce qui s’est abattue sur des militants homos à Dakar, fin 2008, l’introduction dans l’appareil législatif burundais de dispositions homophobes, le raidissement de nombreux pays sur cette question ont jeté un froid sur les tentatives de lier la question de la prévention du VIH à celle de la lutte pour les droits des homos. Même si Vincent Pelletier, directeur général de Aides, a pu affirmer, lors d’un symposium organisé par Aides et Sidaction sur ce thème, que dans toute lutte, « il y a de la casse », le malaise au sein des associations françaises, qui viennent en aide à leurs homologues du Sud, est palpable.

Une chose est de promouvoir l’accès aux antirétroviraux, à la prévention et aux soins, mais cela doit-il se faire en mettant en danger ceux qui militent? L’activisme au Nord s’est développé dans le contexte de pays démocratiques, ce n’est pas le cas dans de nombreux pays du Sud. L’histoire de la lutte contre le sida nous apprend que même les plus radicaux des activistes veillaient toujours à ce que leurs actions ne mettent pas en danger leur sécurité et celle d’autrui. Une chose est sûre: la stratégie de la lutte contre le sida parmi les HSH devrait certainement occuper pendant de nombreuses années l’agenda politique des associations.

Casablanca 2010 sera suivie de Genève, en 2012. D’ici là, il y aura eu d’autres conférences. D’ici là, d’autres discours mobilisateurs seront prononcés, devant des congressistes convaincus d’avance. Éric Fleutelot, de Sidaction (photo) a eu raison de souligner dans son discours de clôture que c’est de retour dans son pays que chaque participant doit mettre en pratique ce qu’il a déclaré ou entendu pendant la conférence. Ainsi, c’est d’abord à eux-mêmes que les participants pourraient appliquer ce slogan d’Act Up-Paris: « moins de paroles, des actes ».

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