« PARTY » DE CAMPAGNE: POSTURE, EXPERTISE, SAVOIR-VIRE ET QUELQUES ENGAGEMENTS

À la rencontre de l’UMP
Rendez-vous vite accordé non pas avec la tête de liste Valérie Pecresse mais avec l’une de ses collaboratrices. Nous avons eu droit à une écoute bienveillante de nos revendications sur les restes à charge et la gratuité des transports, mais sans aucun engagement formel, et sans trop y croire. En effet, la candidate est favorable à un recentrage du conseil régional sur ses missions primaires dont la santé ne fait pas partie. Notre interlocutrice, ancienne médecin anesthésiste à l’AP-HP, semblait assez préoccupée de la question des suppressions de poste, sans pour autant avoir une vision stratégique sur le devenir de l’hôpital. Se référant sans cesse à son expérience professionnelle de médecin à l’AP-HP, la prise en compte de la parole des personnes touchées n’est semble-t-il pas ancrée dans ses pratiques politiques. En revanche, nous avons été agréablement surpris des propos de notre interlocutrice. Selon elle, Valérie Pecresse « voulait mener la guerre aux dealers, mais n’était bien sûr pas favorable à ce que l’on mette les drogués en prison. Il fallait plutôt les accompagner »… Nous restons cependant à ce jour en attente de la confirmation écrite de la candidate UMP sur l’usage de drogue comme sur l’ensemble de nos revendications. De cet entretien où nous avons été poliment reçus, nous garderons le sentiment d’une méconnaissance des dossiers, d’un manque de vision stratégique et finalement d’un manque d’enthousiasme à travailler avec la société civile.

Au PS on « vend » le bilan du président de région et on fait quelques promesses…
Au PS, il est difficile de caler un rendez-vous avec le président de la région sortant Jean-Paul Huchon, les horaires proposés sont difficilement compatibles avec ceux des militants qui ont un travail en dehors de la lutte. Nous avons été finalement reçus chaleureusement par un candidat connaissant bien le sujet: Jean-Luc Romero. En tant que représentant de la majorité sortante, le candidat s’est senti obligé de nous présenter la liste des actions de lutte contre le sida menée, ainsi que le budget porté lors de la précédente mandature: « une litanie des saints pour plus de 10 millions d’euros ». Nous avons pu apprécier la bonne connaissance des sujets et les propositions tenant lieu d’engagements. C’est ainsi que la mise en place d’un groupe de travail sur la gratuité des transports pour les personnes atteintes d’une maladie chronique vivant en dessous du seuil de pauvreté est promise par la liste PS. Ce groupe de travail aura pour objectif d’évaluer la faisabilité financière de cette mesure. Le candidat est également prêt à pousser la future direction politique de la région à soutenir notre plaidoyer sur les restes à charge. La majorité sortante souhaite également que la région poursuive et intensifie ses actions en matière de réduction des risques (RDR) chez les usagers de drogues. Nous avons demandé qu’elle le fasse d’avantage savoir et qu’elle en soit fière. Jean-Luc Romero a réaffirmé l’importance d’entendre la parole des personnes et de leurs associations dans le cadre de la réorganisation de l’offre de soins du VIH à l’AP-HP. Après notre rencontre, nous avons pu apprécier l’évolution des discours de Jean-Paul Huchon et d’Anne Hidalgo (tête de liste à Paris) qui n’ont jamais manqué de parler de la nécessité d’associer les malades à la grande concertation sur l’évolution de l’AP-HP.

Une réunion de travail avec Europe Écologie
En attendant Cécile Duflot, nous avons pu discuté avec de vieilles connaissances. En effet, Europe Écologie a décidé de jouer la carte de la société civile pour composer ses listes. On y retrouve notamment Emmanuelle Cosse (ex-présidente d’Act Up-Paris) ainsi que Pierre Serne et Philippe Colomb, des militants de la cause LGBT. Cette rencontre ne ressemblait pas à un rendez-vous de campagne destiné à les convaincre: ils étaient déjà d’accord avec nous dans les grandes lignes; elle a permis de tracer des perspectives sur l’après-élection. Concernant la réorganisation de l’AP-HP, Cécile Duflot a réaffirmé qu’il ne pouvait y avoir de restructuration sans y associer toutes les parties prenantes. Toute évolution de l’organisation de la prise en charge devait avoir pour objectif le maintien d’une offre de soin équitable et continue sur tout le territoire de la région et ne pas reposer uniquement sur des logiques comptables. La candidate est ainsi favorable à la gratuité des transports dès 2011 pour les personnes bénéficières de l’AAH. Contrairement au PS, « c’est dans son programme de campagne »; mais les outils de financement de cette promesse n’ont pour autant pas été détaillés à ce jour. La candidate a élargi la problématique du logement des personnes vivant avec le VIH aux personnes en précarité et/ou difficulté d’insertion sociale en décrivant un programme ambitieux de « logement accompagné », selon sa propre formule. Cette promesse s’accompagne d’une réflexion assez approfondie sur les outils de financement. Pour Europe Écologie, l’usage de drogue n’est pas une question taboue. Bien au contraire, la candidate est favorable à la dépénalisation qui doit s’insérer plus largement dans la question des dépendances (alcool, tabac…) avec toute une politique de RDR qui l’accompagne. D’ailleurs, en marge de la campagne, Emmanuelle Cosse, candidate à Paris, a préparé l’après-élection en réunissant les acteurs de la réduction des risques pour les usagers de drogue pour une réunion de travail. Cette ouverture survivra-t-elle à la stratégie du deuxième tour, avec la fusion des listes Europe Écologie/PS?

La lutte contre le sida passe sans aucun doute par la transformation de la société, c’est d’ailleurs un objectif au cœur même du projet associatif de Aides. Aussi, cette campagne nous a permis de poser des jalons avec des élus ou futurs élus et de nous rapprocher un peu des « appareils » des partis politiques. Notre but était clairement affiché: que les problématiques liées au VIH/sida soient inscrites dans les programmes des différents partis. Au travers de ces rencontres bilatérales, nous avons souhaité créer des liens de travail pour l’après-élection. Prendre date à partir des engagements de campagne et ne plus lâcher pendant quatre ans les candidats qui auront été élus!

Le deuxième tour en Ile-de-France pourrait voir une majorité PS-Europe Écologie maintenue à la tête de la région. Si c’est le cas, ils doivent s’attendre à nous revoir très prochainement.

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