En France, environ un quart des personnes séropositives au VIH/sida se trouve dans cette situation. En Ile-de-France, le poste « transport » pèse lourd dans leur budget en raison de fréquents déplacements: médecin, examens médicaux… D’une manière générale, le coût du transport constitue un frein extrêmement puissant quand les personnes doivent se soigner et réaliser les démarches quotidiennes. Nous avions déjà demandé la gratuité des transports à la majorité politique de la région lors de la précédente mandature.

Nous avons proposé à Didier Arthaud, président de Basiliade, association qui soutient des personnes séropositives en grande précarité de partager notre campagne, notamment sur la question du logement. Ensemble, nous avons démontré la pertinence du dispositif expérimental des appartements-relais parmi la « panoplie » des outils d’insertion/réinsertion. Ce dispositif permet des réponses souples, peu coûteuses, adaptées aux besoins des personnes touchées par le VIH/sida. Il est néanmoins en danger vu que son financement resté sur une ligne budgétaire « expérimentale » risque de disparaître, purement et simplement. Or la région peut trouver des fonds aider au financement. Restait à savoir lesquels.

Telles étaient nos premières motivations à entrer en « campagne ».

Mais en Ile-de-France, les têtes de liste aux élections régionales occupent ou prétendent à des responsabilités politiques nationales. D’ailleurs, elles ont elles-mêmes invité dans la campagne des débats nationaux ne relevant pas des compétences du conseil régional comme la restructuration de l’Assistance Publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) ou la loi de 1970 sur l’usage de drogues…

RESTRUCTURATION DE L’OFFRE DE SOINS VIH EN ILE-DE-FRANCE ET USAGE DE DROGUES: DEUX SUJETS NATIONAUX DANS LA CAMPAGNE DES RÉGIONALES
Au sein de l’AP-HP circule depuis quelques mois des annonces persistantes, parfois démenties, souvent confirmées, de réorganisations imminentes et importantes des services où sont pris en charge des personnes vivant avec le VIH/sida. Ces projets s’ajoutent à l’annonce de suppressions de 3 à 4000 postes, voire plus, d’ici à 2012. Pratiquement toutes les têtes de liste aux régionales y compris celle de l’UMP ont demandé la suspension plus ou moins longue des suppressions de poste. Moins nombreuses sont celles qui ont demandé la mise en place par l’AP-HP d’une grande concertation entre toutes les parties prenantes: médecins, personnel soignant et non soignant, syndicats. Avant notre intervention [lire la tribune de Bruno Spire ici], pratiquement aucune d’entre elles n’avait clairement demandé que les premières personnes concernées, les malades, soient associées à la consultation. Pourtant, c’est probablement ces personnes qui seront le plus à même d’évoquer leurs besoins en terme de prise en charge globale, d’accès et de continuité des soins sur le territoire.

Invitée de l’émission Les 4 Vérités, sur France 2, le 9 janvier 2010, la tête de liste UMP, Valérie Pécresse, a assuré que « les Verts sont pour la vente libre du cannabis et la vente libre de toutes les drogues ». Avant de demander: « Quelle est la position du PS? Ils vont s’allier aux Verts au deuxième tour. Est-ce que Monsieur Huchon est favorable à la vente libre du cannabis? Est-ce que la gauche est favorable à ce que la drogue pénètre dans les lycées d’Ile-de-France? ». Ainsi la dépénalisation et la légalisation de l’usage de drogues sont entrées dans les débats de campagne.

La réduction des risques en matière d’usage de drogue (RDR UD) a obtenu une reconnaissance légale en démontrant son efficacité en terme de santé publique, lui garantissant la pérennité des financements. Pour Aides, en maintenant la pénalisation de l’usage et la consommation de drogue en France, le ministère de l’Intérieur fait du chiffre sur le dos des fumeurs de joints en masquant l’échec de la chasse aux gros trafiquants dont le « niveau de criminalité » ne cesse lui, de s’élever en réponse à la répression. Pour nous, en effet, l’équation est simple. Pour contrecarrer la police, les trafiquants doivent être plus puissants, plus performants, mieux équipés. Face à cette adaptation à la politique de répression, les distributeurs répercutent leurs frais sur le prix du produit. Or, à l’échelle du marché, plus le produit est cher pour le revendeur, plus il néfaste pour la santé de la personne qui consomme (plus de coupes, baisse de qualité = plus de dommages pour les consommateurs).

N’est-il pas temps aujourd’hui de réformer la loi du 31 décembre 1970 contre l’usage de drogue en dépénalisant et légalisant son usage? C’est la question que nous sommes aller porter auprès des candidats.