Sa position s'éclaircit ensuite, lorsqu'il condamne les actes et réaffirme la position traditionnelle de l'Église catholique: "On peut avoir des appréciations et des jugements différents sur l'homosexualité, et sur la pratique homosexuelle, mais on ne peut jamais transformer un jugement moral, sur le sens d'une conduite humaine, en accusations sur des individus".

"Qu'on soit convaincu que la pratique homosexuelle n'est pas conforme à ce qui est bon pour l'Homme, c'est une liberté démocratique tout à fait légitime. Ça n'autorise pas à stigmatiser des personnes dont on ne connait pas la responsabilité et la liberté personnelle dans cette situation".

"Et donc tout ce qui relève de propos, de gestes, d'invectives homophobes à destination de personnes est tout à fait scandaleux, ça ne doit pas avoir lieu", déclare-t-il, avant d'ajouter tout de même précipitamment (au cas où l'on se méprendrait): "Ce qui ne veut pas dire que l'on approuve l'homosexualité, c'est une autre question".

"JE NE ME SENS PAS REPRÉSENTÉ PAR DES GROUPES DE NERVIS"
"Depuis l'Évangile, ce qui fait quand même un certain temps, et depuis une certaine discussion entre Jésus et Pierre au Jardin de Gethsémani, on sait que l'évangélisation ne passe pas par l'action des groupes armés. "Celui qui combattra par l'épée périra par l'épée. Remets ton épée au fourreau". Donc personnellement, je ne me sens pas représenté par des groupes de nervis qui vont proposer l'Évangile avec des battes de baseball."

"S'ils ont cru qu'ils pouvaient identifier l'Évangile avec une cause de combat de rue, ils se sont trompés, c'est triste et je le réprouve. Alors je ne crois pas qu'il y a lieu de donner beaucoup plus d'explications, sinon que je suis convaincu que l'évangélisation ne passe pas par la contrainte, par la force et par le combat armé."

"J'AI BEAUCOUP D'OUAILLES QUI PEUVENT ÊTRE HOMOPHOBES, CE N'EST PAS LE PROBLÈME…"
La journaliste revient enfin sur la lettre ouverte dans Libération et sur son titre "L'archevêque et ses ouailles homophobes": "Vous dites: "Non ce ne sont pas mes ouailles"?". Et le cardinal André Vingt-Trois de préciser: "J'ai beaucoup d'ouailles qui peuvent être homophobes, ce n'est pas le problème, le problème c'est de savoir si je les encourage ou si je les cautionne dans leurs initiatives, en l'occurrence, je ne les cautionne pas dans leurs initiatives".

Une attitude un peu ambivalente et troublante donc. On peut, évidement, n'être que rassuré de savoir que l'archevêque condamne explicitement ces actes et qu'il ne se sent pas représenté par ces extrémistes. Cependant, il est toujours un peu gênant de constater qu'il ne condamne pas l'homophobie – il le précise même à plusieurs reprises - et qu'il se contente de condamner l'action violente.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez ici.

Merci à annemarie de nous avoir signalé cette interview.

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