Télé | 11.03.2010 - 13 h 14 | 0 COMMENTAIRES
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Dix bonnes raisons de regarder « Showgirls » sur M6 ce soir

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Préparez les burgers et les copines, y'a "Showgirls" à la télé. Maxime Donzel livre 10 bonnes raisons de (re)voir un film qu'on a un peu vite rangé dans les nanars. À tort.

Préparez les burgers et les copines, y'a Showgirls à la télé ce soir (sur M6, à 22h45). Si tu as besoin d'arguments pour convaincre tes amis de venir à ta Showgirls party, voici dix preuves que le film de Paul Verhoeven est, malgré sa réputation, un film très réussi (article publié l'an dernier sur mon blog).

1. LAS VEGAS
Le film raconte l'arrivée à Las Vegas de Nomi Malone, une jeune femme au passé incertain, qui veut devenir danseuse. Soyons clairs. Si Nomi Malone veut devenir une danseuse contemporaine pour Angelin Preljocaj, elle n'a pas vraiment choisi la bonne ville. Las Vegas c'est quoi? Je n'y suis jamais allé, mais d'après de nombreux témoignages, il s'agit d'une ville où l'on peut jouer de l'argent et en gagner très vite, avec des néons partout autour. Comment parler de cette ville? En racontant l'histoire d'un alcoolique au grand cœur qui rencontre une pute au grand cœur et qui s'aiment? NON! Las Vegas, c'est la ville des arrivistes débiles qui veulent devenir big sans avoir à réfléchir. Nomi Malone C'EST Las Vegas. Parce que Las Vegas c'est peut-être des casinos et des spectacles, mais c'est surtout des burgers et des parkings. Et même Jacques Rivette l'a dit: "De tous les films récents qui se passent à Las Vegas, Showgirls est le seul qui sonne vrai".

C'est beau, hein?

...et si on se bouffait un bon burger devant le parking?

2. ELIZABETH BERKLEY
On pointe souvent du doigt le jeu d'actrice déplorable d'Elizabeth Berkley. Il faut savoir que Charlize Theron (qui sait jouer la comédie tout de même) n'a pas été choisie pour le rôle. Pourquoi avoir casté Elizabeth Berkley qui surjoue tout? Parce que Nomi Malone est un personnage qui surjoue tout. J'ai connu une présentatrice de télé au Canada qui était exactement Nomi Malone (elle lui ressemblait étrangement physiquement en plus). Cette femme dont le seul but était de devenir célèbre et powerful passait son temps à jouer la comédie. Mal. Tout ce qu'elle disait était mis en scène comme une représentation cheap de ce qu'elle avait vu à la télé, comme si elle était filmée en permanence. La colère, la joie, la tendresse, tout sonnait faux. Nomi Malone est fausse, entièrement fausse, même quand elle est seule, elle joue (mal) la comédie. Le jeu d'Elizabeth Berkley est parfait pour ce rôle, elle est mauvaise. Nous attendrir sur ce personnage en la rendant attachante et sincère aurait été hors sujet. Personnellement, je n'attends pas du cinéma qu'il ne me montre que des personnages attachants, au contraire.


Prends…

ça…

Catherine…

Deneuve!

... et bisou à Chiara.

3. HUGE
Le film passe de situation énorme à situation énorme. Et que je te vomis mon quatre heures sur la bagnole, et que je te titille les nichons avec des glaçons, et que je te viole ta meilleure amie, et que je te fous un coup de pied dans les couilles pour un oui ou pour un non, ça n'arrête pas d'être ridicule. Pour moi, c'est également un hommage à ce que Las Vegas représente. Dans Amusing Ourselves to Death, Neil Postman suggère que Las Vegas est la capitale des États-Unis (après Chicago à l'ère industrielle et New York à l'ère du business). C'est la ville qui représente la soif américaine pour les "cheap thrills", de l'amusement à bas prix. Je pense que ce n'est pas par hasard si dans l'un des premiers plans du film, à l'arrivée de Nomi à Vegas, un panneau lumineux annonce "HUGE!" avant de se transformer pour annoncer: "Strawberry shortcakes 1,50$". Le gigantisme du panneau, qui a l'air d'annoncer le retour du messie en lettres de feu, pour en fait vendre des gâteaux à la fraise à 3 francs cinquante, c'est là aussi une manière de souligner qu'aux États-Unis, et à Las Vegas en particulier, on aime grossir les traits, faire passer pour importantes des choses qui sont en réalité triviales.


4. PAUL VERHOEVEN
On me répond souvent que tout ça c'est bien beau, mais que c'est probablement un hasard et que je vais chercher du sens là où il n'y en a pas, qu'il s'agit d'un film de commande racoleur. Je réfute cette accusation catégoriquement. Un réalisateur c'est important. C'est quelqu'un qui fait des choix. En permanence. Or, Paul Verhoeven n'est pas Alan Smithee. Il suffit de voir ses autres films pour le comprendre. Son style, c'est justement l'"over the top". Dans Black Book, une jeune juive résistante se prend quinze litres de merde sur la gueule. Dans Hollow Man, Elisabeth Shue se prend un poteau dans la tronche en gros plan. Dans Spetters, un mec se fait violer dans un hangar par des pédales vengeuses. Verhoeven n'est pas un réalisateur élégant. Il montre des choses sales, ridicules, laides, qui mettent mal à l'aise. Ça peut déplaire, mais c'est sa démarche, et on reconnaît clairement cette démarche dans Showgirls. C'est d'ailleurs ce qui flingue l'objectif du studio qui lui a commandé le projet, puisqu'au final, le film n'est absolument pas sexy: on y parle plus souvent de règles que de mouille.

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je travaille à Yagg, principalement en charge de la vidéo et aussi d'écrire des bêtises de temps en temps.
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