Le ministre de la Justice russe refuse d’enregistrer Marriage Equality Russia, une association LGBT nationale destinée à promouvoir le droit au mariage des couples de même sexe.

« Votre organisation ne peut pas être enregistrée, ses objectifs sont contraire à la loi relative aux ONG ainsi qu’aux dispositions du code de la famille qui définissent le mariage comme l’union entre un homme et une femme », indique la lettre du ministre que les responsables de cette association ont reçue.

Cette campagne d’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens est née au mois de mai dernier, lorsque deux jeunes femmes, Irina Fedotova-Fet et Irina Chapitko, ont tenté de faire inscrire leur mariage par la ville de Moscou (lire notre article). Face au refus des autorités locales, elles avaient plusieurs fois saisi la justice, sans succès. En octobre dernier, elles étaient alors parties s’unir au Canada, avec la ferme intention de faire reconnaître ce mariage en Russie. Mais la justice moscovite n’a rien fait en ce sens et l’affaire se dirige vers la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). « Nous voulons apporter notre contribution à l’ouverture du mariage aux autres gays et lesbiennes, et pas seulement en Russie », indique Irina Fedotova-Fet, l’une des mariées, qui fait partie de Marriage Equality Russia.

« En Russie, il est impossible d’organiser une marche dans les rues si vous prévenez publiquement qu’il s’agit d’un événement homo, et c’est la même chose lorsque vous essayez d’enregistrer une organisation homo, s’indigne Nikolai Alexeyev, militant omniprésent des droits LGBT, organisateur de la gay pride à Moscou et porte-parole de l’association Marriage Equality Russia. Nous pourrions certainement enregistrer notre association en restant discrets sur ses objectifs ou encore organiser une marche sans préciser qu’il s’agit d’une marche gay, mais cela n’aurait plus aucun sens. C’est la lutte pour la visibilité qui importe, qui nous permet d’apparaitre dans les médias et de faire en sorte qu’avec le temps de plus en plus de personnes soient ouvertes à nous. »

« Nous demandons aujourd’hui à la justice russe de revenir sur cette décision illégale, et nous irons jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme s’il le faut », affirme-t-il fermement.

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