Le yaggeur Paul Denton, très actif sur la communauté (voir son profil), réagit à la campagne anti-tabac qui agite la toile (et pas seulement…) en ce moment: « Fumer, c’est être l’esclave du tabac ». Et vous, qu’en pensez-vous?

« Pour la publicité, fellation rime avec soumission », par Paul Denton
C’est LA campagne de publicité qui agite la Toile. Intitulée « Fumer, c’est être l’esclave du tabac », elle montre trois jeunes, deux garçons et une fille, à genoux, la clope au bec posée sur la braguette d’un homme. La position est sans équivoque et suggère clairement la fellation.

L’agence BDDP & Fils qui a monté cette campagne pour le compte de l’association Droits des non-fumeurs (DNF) se félicite du buzz qui entoure les photos. Son vice-président, Marco de la Fuente, joue le VRP zêlé face aux questions des journalistes. Une petite déclaration à 20minutes.fr: « Ce que nous montrons n’est pas un viol, c’est une fellation, explique-t-il. Lorsque les jeunes fument, ils font plaisir à beaucoup de gens » (sous-entendus aux industriels). Le jeune  – « majeur », selon lui – « accepte docilement de se soumettre à l’adulte, comme lorsqu’il fume. Le jeune est joliment en train de lui tailler une pipe. Rien ne prouve qu’il accomplit cet acte contre son gré ».

Une déclaration pour le moins étonnante. Car si la fellation peut être considérée comme un viol depuis un arrêt de la Cour de cassation de 1997, c’est uniquement lorsqu’elle est forcée. Pourtant, le site de l’agence de publicité fait preuve de davantage de sobriété: « La campagne imaginée par l’agence cherche à inverser ce point de vue et à créer la prise de conscience que fumer n’est pas s’affranchir de l’autorité mais est au contraire un signe de soumission et de naïveté: soumission comportementale, psychologique et physique à une drogue addictive qui va contrôler leurs actes, souiller leur corps et même leur coûter cher ».

Pour Rue89, le directeur de l’association DNF, Rémi Parola, explique les raisons de cette campagne-choc: « Nous n’avons aucun moyen pour se payer des espaces publicitaires. Passer par les médias permet de susciter une prise de conscience générale et d’atteindre notre cible ».

Pour ma part, je trouve cette publicité dégradante pour la pratique de la fellation qui est assimilée à une drogue ou à un viol. Le sexe oral devient nocif et signe de soumission. La voilà LA perversion.

[Ndlr: La secrétaire d’État à la Famille, Nadine Morano, a demandé l’interdiction de cette campagne « au titre de l’outrage public à la pudeur ». De même que l’association Familles de France qui a déposé une plainte devant le Jury de déontologie publicitaire. Pour sa déléguée générale, Christiane Therry, interviewée par l’AFP, « ça laisse à penser qu’on assiste à une fellation, on humilie la jeunesse ». Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a quant à elle jugé la campagne « inappropriée », voire « contre-productive »].

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