"Si je vous interpelle aujourd’hui c'est que cet incident n'est plus isolé. Dimanche 14 février, sur le parvis de Notre-Dame, plusieurs couples homosexuels, de retour d’un kiss-in organisé place Saint-Michel à l’occasion de la Saint-Valentin, se sont embrassés sur la place Jean-Paul-II, espace public. Ils ont été pris à partie par des groupes de jeunes catholiques proférant des insultes homophobes telles que "tarlouses de merde", "les pédés au bûcher", (...) les repoussant hors de la place. Que se serait-il passé si les forces de l’ordre ne s’étaient pas interposées?"

"JE NE PEUX CROIRE QUE VOUS RESTIEZ SILENCIEUX"
"Ces deux incidents m’inquiètent, poursuit Stéphane Lavignotte. Les célébrations pour la journée mondiale contre le sida ont lieu depuis de nombreuses annéesà Saint-Merri, dans notre temple protestant de la Maison verte et à l’église des Blancs-Manteaux. Nous n’avions jamais subi une telle agression. Lors de l’incident place Jean-Paul-II, des jeunes catholiques, devant des caméras et les forces de l’ordre, ont proféré sans retenue des insultes, sans doute judiciairement condamnables, en tout cas bien loin de l’agapê chrétienne. Elles s’ajoutent à l’agression d’une célébration œcuménique inter-associative à Lille en juin 2008, d’un bar à Laval en avril 2009, du centre LGBT de Nantes en janvier 2010, à chaque fois par des personnes se revendiquant des positions actuelles du Vatican".

Et le pasteur de s'interroger: "Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui certains jeunes catholiques se sentent autorisés à de tels comportements qui n’avaient pas lieu hier? Cela tient-il à la compréhension qu’ils ont des décisions de l’Église catholique? (...) j’avais noté avec satisfaction l’affirmation du Vatican, par Jean Paul II dès 1992 et par Benoît XVI en 2008, selon laquelle son refus d’évolutions législatives ou ecclésiales sur ces sujets n’empêchait pas son refus de l’homophobie. Ces jeunes gens qui se réclament d’une défense vigoureuse de Benoît XVI – j’en veux pour preuve leur slogan "Habemus papam" place Jean-Paul-II ou l’évocation de "nos églises" – semblent, eux, ne pas faire la différence".

"Je ne peux croire que vous restiez silencieux sur de tels comportements (...). Une absence de prise de position pourrait leur laisser croire une sympathie de votre part et valider leur amalgame entre les positions de l'Église catholique et la légitimité de l’homophobie, les incitant à recommencer des actes condamnables. Je ne peux croire que vous ne condamniez pas publiquement de tels contre-témoignages de l'Évangile qui rejaillissent sur l’ensemble des chrétiens. (...) une parole claire de votre part est attendue" conclut-il.

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