Six plaintes ont été déposées par les homos et trans’ agressé-e-s le 14 février dernier sur le parvis de la cathédrale Notre Dame de Paris par des groupes de catholiques intégristes, alors qu’ils participaient au kiss-in contre l’homophobie (lire le compte-rendu du kiss-in et voir les vidéos).

UN ACTE COURAGEUX ET IMPORTANT
Le jour du kiss-in, quatre personnes se réclamant du catholicisme avaient été interpellées pour violences volontaires et propos homophobes. Conduits au commissariat du IVe arrondissement, les agresseurs avaient été remis en liberté en fin de journée, selon une source policière citée par l’AFP.

Les plaintes pour violences en réunion ont été déposées lundi. Un acte courageux et important qui permet de dénoncer ces graves dérapages et d’exiger des condamnations publiques de la part des autorités politiques et religieuses. Ces plaintes donnent lieu à l’ouverture d’une enquête confiée à l’Unité de soutien aux investigations territoriales (USIT).

Dès le 18 février, l’Inter-LGBT dans un communiqué expliquait attendre des autorités « qu’elles condamnent, comme le prévoit le code pénal, de manière exemplaire ces actes à caractères homophobes ».

LES ASSOCIATIONS ET RESPONSABLES CHRÉTIENS ATTENDENT DES CONDAMNATIONS DE L’ARCHEVÊQUE
Le 17 février dernier, le mouvement homosexuel chrétien David et Jonathan, demandait expressément à l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, de « condamner publiquement les violences homophobes perpétrées devant sa cathédrale ». Insistant également sur « la recrudescence de délits homophobes d’inspiration « catholique » contre lesquels aucun membre de l’épiscopat français ne s’est jamais élevé » et ajoutant: « Il est des silences qui ne peuvent être compris que comme une caution » (lire notre article).

C’était hier au tour de Stéphane Lavignotte, pasteur de la Maison verte de Paris 18e (mission populaire évangélique) et membre du Carrefour de chrétiens inclusifs, d’écrire une lettre ouverte à l’Archevêque, publiée dans Libération, dont voici quelques extraits:

« … le 30 novembre dernier, nous avons célébré à l’église Saint-Merri, à Paris, une soirée de prière œcuménique à l’occasion de la journée mondiale contre le sida (…). Au beau milieu de la soirée, un groupe de jeunes gens a interrompu la lecture de l’Évangile, jetant des boules puantes et des œufs sur l’assemblée et les célébrants, criant: « Pas de gays dans nos églises ». Nous n’avons pas évoqué publiquement cette agression, ne souhaitant pas donner de la publicité aux groupuscules qui imaginent que les idées haineuses de l’extrême droite puissent avoir un quelconque rapport avec le message d’amour du Christ ».