Réunir toute la gauche autour d’un combat, c’est possible. Y compris en période électorale. C’est la gageure réalisée par la Fondation Copernic, hier soir, à Paris.

Pour discuter des droits des personnes LGBT se sont assis-e-s à la même table, autour de Caroline Mecary et Willy Pelletier, respectivement coprésidente et coordinateur général de la Fondation: Patrick Bessac, porte-parole du Parti communiste, Martine Billard, députée parisienne du Parti de Gauche, Patrick Bloche, député-maire socialiste du XIe arrondissement (et rapporteur, notamment, de la loi sur le pacs en 1999, avec Jean-Pierre Michel), Noël Mamère, député-maire Vert de Bègles qui maria… les mariés de Bègles en 2004, Jean-Luc Romero, conseiller régional Ile-de-France dans la majorité de Jean-Paul Huchon et président d’Élus contre le sida, et Coralie Wawrzyniak, porte-parole de la commission LGBT du NPA. Excusez du peu.

UNE ALLIANCE RARE
Une alliance rare, pointée avec humour par de nombreux intervenants, qui n’ont pas manqué de souligner qu’elle était porteuse d’espoir pour l’après-2012: en cas d’alternance (qu’ils appellent évidemment de leurs vœux), la France devrait enfin ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Et de rappeler que de nombreuses propositions de loi en ce sens ont été déposées, qui n’ont probablement aucune chance d’aboutir sous le majorité actuelle.

En effet, comme l’a expliqué Noël Mamère, la durée de vie d’une proposition de loi déposée par l’opposition, à l’heure actuelle, n’est que de quelques heures, le gouvernement utilisant la procédure du vote bloqué qui lui permet d’écarter rapidement les textes qui ne l’intéressent pas, en les faisant voter en une seule fois, sans discussion des articles et amendements (pour en savoir plus, lire ce post sur le blog du député PS Jean-Jacques Urvoas).

RETARD DE LA FRANCE
Deux représentants associatifs ont également apporté un éclairage sur la situation des droits LGBT: Pierre Serne, membre du bureau exécutif de l’Ilga-Europe, a proposé un rapide tour d’Europe, mettant en avant le retard de la France sur ces questions, et Martine Gross, ingénieure de recherches en sciences sociales au CNRS et présidente d’honneur de l’APGL, a rappelé l’importance de séparer engendrement et filiation, et de fonder la responsabilité parentale sur l’engagement plutôt que sur les liens biologiques.

LE MEA CULPA DE JEAN-LUC ROMERO
S’il semblait clair à l’avance que les intervenants seraient d’accord sur la plupart des sujets (il s’agissait d’ailleurs d’une réunion publique, et non d’un débat), la symbolique de la soirée n’en est pas moins forte. Loin des querelles de militants, comme celles dont les internautes de Yagg ont pu être témoins à la publication de notre interview d’Anne Hidalgo, et bien que certaines revendications – en particulier la gestation pour autrui – ne soient pas encore totalement partagées, la raison d’être de la rencontre était bien de montrer que la gauche sait s’unir quand il le faut. L’un des moments forts de cette soirée fut d’ailleurs le mea culpa de Jean-Luc Romero qui s’était opposé en 2004 à la célébration du mariage d’un couple gay à Bègles: « Il faut savoir faire des actes illégaux pour faire changer les choses ».

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