Oubliez vos préjugés. Oui Tom Ford, l’homme du porno chic glaçant sur papier glacé, a quelque chose d’agaçant. Ses manières de control queen toujours impeccable, le regard perçant, comme si le bonhomme avait été testé en soufflerie pour juger de son aérodynamisme dans le monde sans pitié du luxe et de la fashion. Résultat: rien ne dépasse, tout est sa place. C’est beau, mais c’est froid.

C’est effectivement ce à quoi l’on s’attend avant d’avoir vu les premières images de A Single Man: une sorte de coffee table movie, du décorum sans émotion. Et bien non. Force est de constater que la grande réussite de Tom Ford, pour ce premier long métrage, est de ne pas avoir rogné sur ses prétentions esthétiques (le nombre de spectateurs qui vous diront en sortant de la salle « Oh, les belles images! »…) pour, au contraire, les mettre au service de son récit, de son propos.

CONTROL QUEEN
A Single Man
n’est pas un film de fashionista honteuse. Tom Ford l’a dit lui-même à longueur d’interviews, ce film c’est lui, une sorte de deuxième naissance artistique pour un homme qui après les années fric aspire à autre chose: la control queen commence à lâcher du lest…

George Falconer (Colin Firth), le personnage principal, c’est donc aussi Tom Ford. Un professeur d’université à Los Angeles, au début des années 60. Il vient de perdre Jim, son compagnon. Seize ans de vie commune. À qui peut-il confier son chagrin? La famille du défunt lui fait bien comprendre qu’il n’en fait pas partie, de la famille, et même sa meilleure amie Charley (Julianne Moore, parfaite comme d’habitude), en réalité amoureuse de lui, finit par lui lancer que oui, quand même, un couple de mecs, c’est tout de même pas comme un couple hétéro. Sa douleur immense, il va donc la retourner contre lui: mettre fin à ses jours lui apparaît comme la seule échappatoire. Pour rejoindre Jim. À moins qu’un jeune étudiant, beau comme un dieu, ne redonne des couleurs à sa vie…

DISPARAÎTRE OU RENAÎTRE
A Single Man
est donc cette journée particulière où un homme devra faire un choix crucial: disparaître ou renaître. Et une scène au début du film montre bien que forme et fond sont indissociables: George Falconer, chez lui, se prépare avant d’entrer sur la scène sociale (ses voisins, l’université, ses étudiants…) et s’habiller est un rituel rassurant. Le costume est comme une carapace. Dans le reflet du miroir, le visage trahit cependant une grimace pleine de souffrance: il faut tenir. Tenir en secret. Tenir jusqu’à ce soir. Colin Firth apparaît alors comme totalement habité par son personnage. Il est George Falconer jusqu’au plus petit bouton de manchette. Il est Tom Ford.

Pour qui se laisse emporter, A Single Man est un fabuleux voyage, une sorte de réhabilitation de l’émotion esthétique. Une expérience particulière.

Voir aussi la vidéo de l’avant-première Yagg du film.

La bande-annonce:
httpv://www.youtube.com/watch?v=hSUq-2CZvyk
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La rencontre entre George et Jim (extrait):
httpv://www.youtube.com/watch?v=C0U5GX-eoXs
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George apprend la mort de Jim (extrait):
httpv://www.youtube.com/watch?v=8cz1SsfxFDk
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