Un baiser sur écran géant, dimanche soir, à Vancouver, quoi de plus classique entre un vainqueur et son amour. Sauf qu’Ireen Wüst, championne olympique du 1500 mètres de patinage de vitesse, a embrassé sa compagne Sanne van Kerkhof, patineuse également, alignée en short-track. Et comme la caméra suit souvent les gestes d’une victoire (accolades, drapeaux arborés, bisous…), la scène a été retransmise en direct sur l’écran géant de la piste: belle visibilité dans un milieu où les sportifs LGBT out se comptent sur les doigts des deux mains.

Quatre fois championne du monde, médaillée d’or du 3000 mètres aux Jeux de Turin en 2006, héroïne dans un pays où le patinage de vitesse est un culte, Ireen Wüst a fait son coming-out en octobre 2009.

Très vite, elle a pu se rendre compte que la rareté d’un tel propos dans le milieu change bien des choses: la championne doit répondre à des questions incessantes sur sa vie privée et cela l’agace. La championne veut parler de patinage comme le rappelait il y a quelques jours le site lesbien pan-européen eurOut.

À la veille des Jeux, elle a déclaré en substance, qu’elle n’aurait pas à répondre à de telles questions si elle était hétéro. Non qu’Ireen Wüst ait l’air de regretter quoi que ce soit, mais elle veut parler boulot.

Cette histoire rappelle la folie médiatique qui avait suivi, en France, le coming-out d’Amélie Mauresmo, pendant les Internationaux d’Australie en 1999. Elle témoigne encore du presque silence qui entoure l’homosexualité dans le sport. Mais une petite musique se fait entendre: en 4 mois, Gareth Thomas et Ireen Wüst sont sortis du placard. Encore un effort pour d’autres et on finira par revenir au sport.

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