Jean-Michel Molina a précisé que les résultats d’IPrex, très attendus, ne seraient pas connus avant fin 2010-début 2011. À notre question sur le calendrier de l’essai français de traitement pré-exposition (lire notre article), Jean-Michel Molina a expliqué que les discussions sur cet essai sont toujours en cours à l’ANRS, que son design serait sans doute fonction des résultats de l’essai américain et qu’il ne faut pas s’attendre à un démarrage pour bientôt.

TENTER CETTE NOUVELLE APPROCHE
Il est pourtant essentiel de tenter cette nouvelle approche dans la prévention du VIH chez les gays. Les chiffres de l’incidence calculés par l’Institut de veille sanitaire (InVS) ont en effet été présentés à la Croi et confirment que la transmission du VIH est très importante dans la communauté homo. Un pour cent des homos actifs sexuellement (qui seraient au nombre de 300 000 en France) se contaminerait chaque année, c’est 200 fois plus que dans le reste de la population. Et dans Prevagay, l’incidence monte à 7%. Des chiffres très préoccupants.

Ils plaident encore plus pour la mise en place d’une stratégie globale et beaucoup plus agressive contre le VIH chez les gays: préservatif, dépistage généralisé, traitement de la primo-infection, traitement précoce dans un but de réduction de la transmission, traitement pré et postexposition, voila les armes dont on dispose aujourd’hui et dont on connaît ou pressent l’efficacité. Mais Jean-François Delfraissy a un peu refroidi l’assistance en précisant à la fin de la conférence de presse que l’ANRS était au bout de ses capacités financières et ne pourra pas mener de front tous ces chantiers. Un appel à peine voilé aux pouvoirs publics, qui, tout occupés à prévenir la grippe A (H1N1), ne consacrent pas les moyens suffisants à la prévention du sida (lire notre article sur le rapport de la Cour des comptes).

Selon nos informations, l’essai de prévention pré-exposition coûterait entre 4 et 6 millions d’euros, soit près de 10% du budget de l’Agence en 2009 (44 millions d’euros). Cet appel aura valeur de test de la volonté ou non du gouvernement de tout faire pour réduire le poids de l’épidémie chez les gays.

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